🚨 AVERTISSEMENT CRITIQUE — À LIRE AVANT DE POURSUIVRE
Cet article est un exposé purement juridique et informatif du droit suisse de la migration en vigueur en matière de dépassements de séjour Schengen. SIP ne fournit AUCUN conseil individuel, AUCUNE recommandation de dénonciation spontanée et AUCUNE stratégie visant à éviter d'être découvert·e. Toute personne actuellement concernée par un dépassement de séjour Schengen doit, avant toute prise de contact avec les autorités, consulter un·e avocat·e spécialisé·e en droit suisse de la migration. Voir les sections 7 et 15.
Crisis-Card C5 — renvoi d'urgence à la fin de cet article.
1. Vue d'ensemble — qu'est-ce qu'un dépassement de séjour Schengen ?
L'espace Schengen compte actuellement 26 États dont les frontières intérieures sont, dans une large mesure, dépourvues de contrôles. La Suisse est pleinement intégrée à l'ensemble Schengen depuis le 12 décembre 2008 (adhésion à l'application opérationnelle de l'acquis de Schengen). De ce fait, l'entrée en Suisse depuis un État tiers est régie par le corpus de règles commun de Schengen, en particulier le code frontières Schengen (CFS) et le code des visas.
1.1 La règle des 90/180 jours
Les ressortissant·e·s d'États tiers — c'est-à-dire les personnes possédant une nationalité hors UE/AELE — peuvent séjourner au maximum 90 jours sur toute période mobile de 180 jours dans l'ensemble de l'espace Schengen. Cela vaut aussi bien pour :
- les ressortissant·e·s d'États tiers soumis·es à l'obligation de visa titulaires d'un visa Schengen de type C (visa de court séjour),
- les ressortissant·e·s d'États tiers exempté·e·s de visa (p. ex. ressortissant·e·s du Brésil, de l'Argentine, du Canada, des États-Unis, de l'Australie, du Japon, de la Corée du Sud, etc.) dans le cadre d'un séjour touristique ou d'affaires non soumis à autorisation.
Les 90 jours se comptent de manière cumulative sur l'ensemble des États Schengen. Une personne qui passe 40 jours en France puis 35 jours en Suisse a consommé, à l'intérieur de la fenêtre de 180 jours, 75 jours sur 90.
1.2 Définition du dépassement de séjour
Un dépassement de séjour Schengen existe lorsqu'une personne ressortissante d'un État tiers demeure dans l'espace Schengen après l'expiration des 90 jours autorisés (ou après l'expiration d'un visa Schengen de validité plus courte), sans que :
- un titre de séjour national (p. ex. une autorisation suisse L/B) ait été délivré,
- une demande de prolongation de visa assortie d'un effet suspensif soit en cours,
- une demande d'asile ait été déposée, ou
- un autre statut légal ne couvre la poursuite du séjour.
1.3 Comment un dépassement de séjour est-il découvert ?
La découverte intervient typiquement :
- lors de la sortie par un point de passage de la frontière extérieure Schengen (p. ex. aéroports de Zurich, Genève, Bâle), par comparaison du timbre d'entrée avec la date de sortie ;
- lors de contrôles effectués par la police ou les autorités migratoires à l'intérieur du pays ;
- lors de l'entrée suivante dans un État Schengen, par enregistrement dans le système d'information Schengen de deuxième génération (SIS II) ;
- lors du dépôt d'une nouvelle demande de visa, d'autorisation ou de regroupement familial, par recherche dans les dossiers.
Avec la mise en place progressive du système d'entrée/sortie (EES) de l'UE — un enregistrement automatisé des entrées et sorties des ressortissant·e·s d'États tiers aux frontières extérieures Schengen —, la surveillance de la règle des 90/180 jours se renforce encore. L'EES remplace le timbrage manuel des passeports par un enregistrement électronique centralisé ; les dépassements de séjour deviennent ainsi systématiquement et transfrontalièrement détectables. Le calendrier exact de mise en service et l'état d'application pertinent pour la Suisse sont continuellement adaptés ; les indications actuelles figurent dans l'information officielle du Secrétariat d'État aux migrations (SEM) (voir la section 14.1).
Le système européen d'information et d'autorisation concernant les voyages (ETIAS), prévu en parallèle, obligera en outre les ressortissant·e·s d'États tiers exempté·e·s de visa à obtenir au préalable une autorisation de voyage électronique ; là encore, la date de début d'application pertinente figure dans l'information officielle du SEM.
2. Art. 115 LEI — sanctions pénales (texte de loi)
La norme pénale centrale en matière de séjour illégal et d'entrée illégale est l'art. 115 de la loi fédérale sur les étrangers et l'intégration (LEI, SR 142.20).
Art. 115 LEI — entrée, sortie et séjour illégaux et activité lucrative sans autorisation
al. 1 : Est puni d'une peine privative de liberté d'un an au plus ou d'une peine pécuniaire quiconque :
a. contrevient aux dispositions sur l'entrée en Suisse (art. 5) ;
b. séjourne illégalement en Suisse, notamment après l'expiration de la durée du séjour non soumis à autorisation ou du séjour autorisé ;
c. exerce une activité lucrative sans autorisation ;
d. entre en Suisse ou en sort sans passer par un poste-frontière autorisé (art. 7).
al. 2 : La même peine est encourue lorsque l'étranger, après être sorti de Suisse ou des zones internationales de transit des aéroports, entre ou a pris des dispositions en vue d'entrer sur le territoire national d'un autre État en violation des dispositions sur l'entrée dans le pays applicables dans cet État.
al. 3 : La peine encourue est l'amende si l'auteur agit par négligence.
al. 4 : Si une procédure de renvoi ou d'expulsion est pendante, la procédure pénale ouverte uniquement en raison d'une infraction au sens de l'al. 1, let. a, b ou d, est suspendue jusqu'à la clôture définitive de la procédure de renvoi ou d'expulsion. […]
L'art. 5 LEI mentionné dans le texte de loi règle les conditions générales d'entrée (document de voyage valable, le cas échéant visa, sortie de Suisse assurée, moyens financiers suffisants, absence d'interdiction d'entrée) ; l'art. 7 LEI porte sur le passage de la frontière par les postes-frontières autorisés. L'état de fait pertinent pour le dépassement de séjour classique est l'art. 115 al. 1 let. b LEI (séjour illégal après l'expiration du séjour non soumis à autorisation ou du séjour autorisé).
Important : la menace de peine comprend une peine privative de liberté d'un an au plus ou une peine pécuniaire ; en cas de négligence, une simple amende. Dans la pratique, les configurations de dépassement de séjour simples sont souvent tranchées par ordonnance pénale du ministère public cantonal — donc sans débats oraux. Une opposition peut être formée contre une ordonnance pénale dans le délai légal ; à défaut, l'ordonnance pénale entre en force et est assimilée à un jugement entré en force.
3. Pratique de sanction à trois niveaux
La pratique cantonale publiée permet de dégager une heuristique grossière à trois niveaux. Il s'agit d'une observation de la pratique administrative, et NON d'un schéma garanti ni d'une promesse qu'un traitement de niveau déterminé sera appliqué dans un cas particulier.
Niveau 1 — dépassement bagatelle (1 à env. 3 jours)
- Souvent dû à une annulation de vol, à une maladie, à une correspondance manquée ou à une erreur de calcul du décompte des jours
- Sanction typique : amende d'ordre de l'ordre de CHF 300-500, prononcée à l'aéroport ou par le service cantonal des migrations
- En règle générale, pas de signalement dans le SIS II
- En règle générale, pas d'interdiction d'entrée de plus longue durée
- Futures demandes de visa : le plus souvent non bloquées, mais l'incident doit être divulgué
Niveau 2 — dépassement modéré (plusieurs jours à plusieurs semaines)
- Sanction typique : ordonnance pénale du ministère public assortie d'une peine pécuniaire (p. ex. 10-30 jours-amende à CHF 30-100, avec ou sans sursis)
- Interdiction d'entrée du SEM pour la Suisse selon l'art. 67 LEI, en règle générale 1 à 5 ans
- Signalement dans le SIS II possible, selon les circonstances accompagnant le cas (en particulier en cas d'infractions répétées, de soupçon de travail au noir, d'antécédents)
- Représentation par un·e avocat·e vivement indiquée dans les procédures d'opposition et de recours
Niveau 3 — dépassement grave (mois ou années)
- Procédure pénale ordinaire avec possible peine privative de liberté d'un an au plus (souvent avec sursis)
- Frais de procédure, émoluments, le cas échéant prise en charge des frais de renvoi
- Signalement dans le SIS II et interdiction d'entrée typiquement de 5 ans ou plus
- En cas de condamnation pénale pour une infraction figurant au catalogue, une expulsion pénale au sens de l'art. 66a CP (Code pénal suisse, SR 311.0) entre en outre en considération. Important : le simple dépassement de séjour au sens de l'art. 115 LEI ne figure pas au catalogue de l'expulsion obligatoire prévu à l'art. 66a CP ; une expulsion pénale présuppose une infraction déclenchante correspondante, en règle générale plus grave. L'expulsion pénale facultative selon l'art. 66abis CP demeure à l'appréciation du tribunal.
- Chances futures d'autorisation et de visa très fortement compromises — y compris dans tous les autres États Schengen
4. SIS II — le système d'information Schengen de deuxième génération
4.1 Qu'est-ce que le SIS II ?
Le système d'information Schengen (SIS II) est une base de données centrale exploitée par tous les États Schengen, qui enregistre entre autres les interdictions d'entrée. Un signalement dans le SIS II selon l'art. 24 du règlement SIS II ((CE) n° 1987/2006, remplacé par (UE) 2018/1861) a pour effet que la personne concernée peut être refoulée à toute frontière extérieure Schengen — donc pas seulement en Suisse, mais aussi en France, en Allemagne, en Italie, en Espagne, etc.
4.2 Conséquence d'un signalement dans le SIS II
- Interdiction d'entrée dans les 26 États Schengen pour la durée du signalement (typiquement 3-5 ans, dans les cas graves jusqu'à 10 ans ou plus)
- Obligation de divulgation des données auprès des représentations consulaires lors des demandes de visa
- Possibles inscriptions supplémentaires dans des bases de données nationales (p. ex. le SYMIC suisse)
4.3 Jurisprudence du TAF — pas d'inscription automatique au SIS en cas de dépassement bagatelle
Le Tribunal administratif fédéral (TAF) a précisé dans sa jurisprudence qu'un signalement dans le SIS II n'est pas admissible sans autre pour tout dépassement de séjour. En particulier, en présence d'un manquement réprimé pénalement par une simple amende, fait régulièrement défaut la présomption — exigée pour un signalement — d'une menace pour l'ordre public ou la sécurité publique au sens de l'art. 24 du règlement SIS ((UE) 2018/1861). Le TAF examine dès lors la proportionnalité du signalement au cas par cas et exige une appréciation de la menace allant au-delà du seul manquement aux règles de séjour.
La jurisprudence pertinente du TAF relative à l'interdiction d'entrée et au signalement SIS est accessible via la base de données officielle des décisions du Tribunal administratif fédéral (Cour VI, droit des migrations) ainsi que via la littérature spécialisée pertinente (cf. sections 14 et 17).
5. Variation de la pratique selon les régions de Suisse
La pratique cantonale en matière de dépassements de séjour Schengen varie considérablement. La vue d'ensemble ci-dessous reflète les tendances documentées dans la pratique publiée et la littérature juridique — elle ne constitue aucune garantie pour un cas particulier.
5.1 Genève
- Tendance à l'examen au cas par cas — en particulier en cas d'urgences médicales, d'annulations de vol ou de retards documentés et indépendants de la volonté de la personne
- En présence d'un motif compréhensible, fréquente limitation à une simple amende bagatelle sans interdiction d'entrée
- Autorité cantonale des migrations dotée d'une pratique relativement cohérente
5.2 Zurich
- Tendance à une application rigide de la mécanique de sanction
- Les cas bagatelles sont régulièrement réprimés par des amendes d'ordre à l'aéroport
- En cas de dépassements modérés, pratique de l'ordonnance pénale appliquée de manière conséquente
5.3 Berne, Bâle, Vaud
- Pratique variable selon le service des migrations et le ministère public
- Bâle-Ville dispose d'un conseil au retour d'assez large portée (voir la section 10)
- Vaud avec une application cohérente, mais stricte
5.4 Autres cantons
Pour les autres cantons — en particulier le Tessin, le Valais, l'Argovie et Saint-Gall — il n'existe pas de pratique documentée de manière uniforme qui se laisserait généraliser de façon fiable. La sanction dépend du ministère public et du service cantonal des migrations concernés. Est toujours déterminante, dans le cas particulier, la pratique du canton de domicile ou d'interpellation compétent ; seul·e un·e avocat·e en droit de la migration exerçant dans le canton concerné peut donner un renseignement fiable (voir la section 14).
5.5 Remarque sur la proportionnalité et la faute
Dans tous les cantons s'applique le principe suivant : la fixation de la peine (art. 47 CP) ainsi que la détermination de l'interdiction d'entrée et de la durée du signalement se mesurent à la faute et à la proportionnalité. Un dépassement de séjour indépendant de la volonté, court et dont le motif est plausible (p. ex. en raison d'une annulation de vol ou d'une incapacité de voyager attestée médicalement) est juridiquement pondéré autrement qu'un séjour long, conscient et accompagné d'une activité lucrative. Cette pondération s'opère toutefois par les autorités et les tribunaux au cas par cas et ne saurait être garantie à l'avance.
6. Art. 67 LEI — interdiction d'entrée
Parallèlement à la sanction pénale prévue à l'art. 115 LEI, le Secrétariat d'État aux migrations (SEM) peut prononcer une interdiction d'entrée de droit administratif selon l'art. 67 LEI. Celle-ci doit être distinguée de la sanction pénale :
- Destinataire : le SEM (non le ministère public)
- Voie de droit : recours auprès du TAF
- Durée : en règle générale de cinq ans au plus (art. 67 al. 3 LEI) ; en cas de menace grave pour la sécurité et l'ordre publics, la durée peut excéder cinq ans
- Champ d'application territorial : en cas de manquements pertinents pour Schengen assortis d'un signalement SIS — l'ensemble de l'espace Schengen
La pratique du SEM associe fréquemment l'interdiction d'entrée à un signalement SIS. La procédure est régie par la loi fédérale sur la procédure administrative (PA, SR 172.021) ; le recours contre la décision du SEM doit être adressé au Tribunal administratif fédéral dans le délai légal. Selon la configuration, la procédure peut être juridiquement exigeante — la représentation par un·e avocat·e est vivement conseillée.
7. 🚨 AVERTISSEMENT CRITIQUE — AUCUNE voie de « divulgation sûre » documentée en Suisse
Cette section est la plus importante de cet article.
7.1 Il n'existe AUCUNE « procédure de dénonciation spontanée » formelle en droit de la migration
En droit fiscal suisse existe la dénonciation spontanée non punissable selon l'art. 175 al. 3 LIFD (loi fédérale sur l'impôt fédéral direct, SR 642.11) — une divulgation possible une fois dans la vie qui, à des conditions strictes, accorde l'impunité pour la soustraction d'impôt. Cette institution concerne exclusivement le droit fiscal. Une institution comparable n'existe PAS en droit de la migration — sa mention ne sert ici qu'à la délimitation et ne saurait être transposée au dépassement de séjour Schengen.
- Il n'existe aucune « procédure d'auto-divulgation » ancrée dans la loi auprès du SEM ou des services cantonaux des migrations qui garantirait, en cas de dépassement de séjour Schengen, une impunité automatique ou une issue clémente assurée.
- Une prise de contact avec les autorités est un choix procédural à l'issue ouverte : elle peut conduire à une amende bagatelle, à une interdiction d'entrée de plusieurs années ou à une procédure pénale — selon le canton, la durée, les circonstances accompagnant le cas, le but du séjour et la pratique individuelle des autorités.
7.2 Ce que SIP NE fait PAS
S'agissant des cas de dépassement de séjour Schengen, SIP ne fournit expressément pas :
- ❌ aucune recommandation de dénonciation spontanée,
- ❌ aucune suggestion de « safe harbor »,
- ❌ aucune stratégie visant à éviter d'être découvert·e,
- ❌ aucune stratégie de recours contre les signalements dans le SIS II,
- ❌ aucun conseil de positionnement face aux autorités,
- ❌ aucune pesée des risques et des avantages entre « sortir et se taire » vs « divulguer ».
7.3 Ce que SIP recommande
Toute personne actuellement concernée par un dépassement de séjour Schengen — quelle que soit la phase (encore dans le pays / sortie / avant une nouvelle entrée) — doit :
- IMMÉDIATEMENT consulter un·e avocat·e spécialisé·e en droit de la migration, avant toute prise de contact avec le SEM, le service cantonal des migrations, la police ou d'autres autorités.
- Dans un cas aigu, consulter la Crisis-Card C5 dans l'application SIP (Indications d'urgence relatives au dépassement de séjour Schengen).
- Mettre en sûreté tous les documents pertinents (passeport, timbre d'entrée, billets d'avion, certificats médicaux en cas de retards médicaux).
8. Voies possibles après un dépassement de séjour — énumération purement factuelle
Il s'agit d'une énumération factuelle des options documentées dans la pratique — AUCUNE recommandation et AUCUN ordre de préférence. La voie opportune dans un cas particulier ne peut être déterminée que par une analyse au cas par cas conduite par un·e avocat·e.
8.1 Sortie avant la découverte
La personne concernée quitte l'espace Schengen avant tout reproche formel. Lors du contrôle de sortie, le dépassement de séjour peut être constaté — avec les sanctions correspondantes (voir les sections 3 et 4). Une « sortie discrète » sans suites administratives n'est pas assurée, et lors d'une réentrée ultérieure ou d'une demande d'autorisation, les données archivées peuvent entraîner des conséquences.
8.2 Prise de contact avec le SEM ou le service cantonal des migrations
La divulgation proactive est un choix procédural possible à l'issue ouverte. Elle ne conduit pas automatiquement à l'impunité. L'accompagnement par un·e avocat·e est ici indispensable.
8.3 Demande d'octroi ultérieur d'une autorisation (cas de rigueur, art. 30 al. 1 let. b LEI)
Dans de très rares configurations — en cas de séjour de longue durée, d'enracinement profond en Suisse et de motifs personnels ou humanitaires extraordinaires —, une demande pour cas de rigueur selon l'art. 30 al. 1 let. b LEI entre en considération. L'autorité cantonale statue sur l'octroi sous réserve de l'approbation du SEM ; il n'existe aucun droit exécutoire. Voir la réglementation des cas de rigueur selon l'art. 30 LEI pour les conditions juridiques.
Important : une demande pour cas de rigueur n'est pas le « plan B salvateur » pour un dépassement de séjour touristique. Les conditions sont très élevées, le taux d'octroi faible.
8.4 Demande d'asile
Toute personne qui doit sérieusement craindre, dans son État d'origine, une persécution au sens de l'art. 3 LAsi (loi sur l'asile, SR 142.31) peut déposer une demande d'asile. Un dépassement de séjour Schengen n'est pas un motif d'asile et ne saurait être utilisé comme moyen de légaliser un séjour motivé par des raisons économiques ; une demande d'asile manifestement infondée entraîne ses propres conséquences juridiques. La question de l'asile doit être strictement séparée de la question du dépassement de séjour et relève d'un examen juridique autonome.
8.5 Aide au retour REAG/GARP
Voir la section 9 — ces programmes ne sont pas prévus pour les personnes en situation de dépassement de séjour touristique.
8.6 Demande de levée d'une interdiction d'entrée existante
Après le prononcé d'une interdiction d'entrée, une demande de levée anticipée peut être déposée à l'expiration d'un certain délai ou en cas de changement de circonstances (art. 67 al. 5 LEI). Il s'agit d'une procédure autonome qui requiert une représentation par un·e avocat·e.
9. REAG/GARP — aide au retour volontaire
9.1 Qu'est-ce que REAG/GARP ?
REAG (Reintegration and Emigration Programme for Asylum-Seekers in Germany — nom historique, poursuivi en Suisse depuis des années en tant que programme fédéral) et GARP (Government Assisted Repatriation Programme) sont des programmes d'aide au retour financés par la Confédération et mis en œuvre par l'Organisation internationale pour les migrations (OIM Suisse).
9.2 Qui a droit aux prestations ?
Ont en règle générale droit aux prestations exclusivement :
- les requérant·e·s d'asile dont la procédure d'asile est pendante ou a fait l'objet d'une décision négative,
- les personnes admises à titre provisoire (autorisation F),
- dans des cas particuliers, les personnes en configuration de cas de rigueur ou les réfugié·e·s reconnu·e·s en cas de retour volontaire,
- certains groupes spéciaux selon directive fédérale.
9.3 Qui n'a PAS droit aux prestations ?
- Les personnes en dépassement de séjour touristique de nationalité d'un État tiers sans procédure d'asile ne sont PAS couvertes par REAG/GARP.
- Les ressortissant·e·s de l'UE/AELE.
- Les personnes titulaires d'une autorisation nationale valable (B/C).
Voir le glossaire de la loi sur l'asile pour des délimitations terminologiques détaillées en droit d'asile.
9.4 Point de contact
- Organisation internationale pour les migrations (OIM), bureau de pays Suisse à Berne — adresse et coordonnées actuelles via le site officiel de l'OIM Suisse (
switzerland.iom.int). - Conseils cantonaux au retour (voir la section 10), qui constituent en règle générale le premier point de contact pour l'admission au programme.
Important : l'aide au retour couvre le soutien organisationnel et financier de la sortie et de la réintégration. Elle ne remplace pas le conseil de droit pénal et de droit de la migration relatif aux suites d'un dépassement de séjour Schengen.
10. Conseils cantonaux au retour — portée variable
Les services cantonaux de conseil au retour soutiennent les personnes dans leur retour volontaire dans leur État d'origine. La portée varie considérablement d'un canton à l'autre.
10.1 Zurich — asile uniquement
Le conseil au retour du canton de Zurich sert, selon les informations publiées, exclusivement les personnes relevant du domaine de l'asile — donc les requérant·e·s d'asile, les personnes admises à titre provisoire et les réfugié·e·s reconnu·e·s en cas de retour volontaire. Les personnes en situation de dépassement de séjour touristique n'y sont pas servies.
10.2 Bâle-Ville — portée plus large
Le conseil au retour de Bâle-Ville s'adresse, selon l'information publiée, en principe aux personnes étrangères souhaitant retourner volontairement dans leur pays d'origine — donc potentiellement aussi aux personnes sans antécédent d'asile. Le service met à disposition des supports d'information multilingues. Le cercle exact des destinataires et l'offre de conseil figurent sur le site officiel du canton de Bâle-Ville.
Important : le conseil couvre typiquement le soutien organisationnel (documents de voyage, réservation de vol, moyens de réintégration). Il ne remplace pas le conseil de droit pénal et de droit de la migration relatif aux conséquences d'un dépassement de séjour Schengen.
10.3 Autres cantons
Dans les autres cantons (notamment Berne, Genève, Vaud, Tessin, Saint-Gall, Argovie, Lucerne, Fribourg, Valais), il existe des services de conseil au retour ayant un cercle de destinataires et une étendue de prestations différents. La question de savoir si un service déterminé sert aussi des personnes hors du domaine de l'asile doit être clarifiée au cas par cas directement auprès du service cantonal concerné ; une vue d'ensemble des conseils cantonaux au retour est accessible via le Secrétariat d'État aux migrations (SEM).
11. Conséquences pour les possibilités de séjour futures
11.1 Futurs visas Schengen et autorisations
Un dépassement de séjour documenté — même dans le domaine bagatelle — peut être juridiquement pertinent dans les futures demandes de visa et procédures d'autorisation. Lors du dépôt d'une demande de visa, les manquements antérieurs doivent être indiqués de manière conforme à la vérité ; de fausses indications peuvent réaliser de manière autonome l'état de fait de la tromperie et entraîner des sanctions supplémentaires.
11.2 Niveau 1 (amende bagatelle sans inscription au SIS)
Dans la pratique, une simple amende d'ordre pour un dépassement de 1-3 jours ne constitue typiquement pas un obstacle durable pour les futures demandes de visa — à condition que l'incident soit déclaré de manière conforme à la vérité dans le formulaire de demande et que le motif (p. ex. annulation de vol) soit plausible.
11.3 Niveau 2 (interdiction d'entrée, le cas échéant inscription au SIS)
Pendant la durée de l'interdiction d'entrée, l'entrée en Suisse — et, en cas d'inscription au SIS II, dans l'ensemble de l'espace Schengen — est bloquée. À l'expiration, des demandes de visa peuvent à nouveau être déposées, mais doivent divulguer l'incident historique.
11.4 Niveau 3 (procédure pénale, interdiction d'entrée de plusieurs années)
Aggravation considérable des chances futures d'autorisation et de visa — même après l'expiration de l'interdiction d'entrée. En cas de condamnation pénale avec inscription au casier judiciaire, il convient en outre de prendre en compte de possibles conséquences pour les procédures d'entrée et de visa dans des États tiers (p. ex. ESTA des États-Unis, Royaume-Uni, Canada) ; leurs conditions se règlent selon le droit national concerné et ne font pas l'objet du présent exposé.
La pratique administrative déterminante en matière d'octroi de visa en cas de manquements antérieurs aux règles de séjour est consignée dans les directives et manuels du SEM (en particulier dans le domaine des visas) et accessible via le site officiel du SEM (voir les sections 14.1 et 17).
12. Ressortissant·e·s de l'UE/AELE — le cas particulier de l'ALCP
Pour les ressortissant·e·s des États de l'UE et de l'AELE s'applique l'accord sur la libre circulation des personnes (ALCP, SR 0.142.112.681) entre la Suisse et l'UE. Ces personnes ont — lorsque les conditions sont remplies — un droit au séjour en Suisse.
12.1 Pas de « dépassement de séjour Schengen » au sens classique
Comme les ressortissant·e·s de l'UE/AELE voyagent dans le cadre de la libre circulation des personnes, la règle des 90/180 jours du court séjour Schengen ne leur est pas applicable sous la même forme. Ils et elles peuvent en principe, en se fondant sur l'accord sur la libre circulation des personnes, séjourner jusqu'à trois mois sans autorisation en Suisse ; pour la recherche d'emploi, le droit de la libre circulation des personnes prévoit une possibilité de séjour allant au-delà, soumise à conditions. Les détails sont réglés par l'ordonnance sur l'introduction de la libre circulation des personnes (OLCP, SR 142.203) en exécution de l'ALCP ; voir le glossaire ALCP/OLCP.
12.2 Obligation d'annonce — conséquence juridique différente
Les ressortissant·e·s de l'UE/AELE qui séjournent plus de trois mois doivent s'annoncer auprès du contrôle des habitant·e·s du canton de domicile et solliciter une autorisation ALCP correspondante (L, B, C, G). Une violation de cette obligation d'annonce peut avoir des conséquences de droit administratif, mais ne tombe pas sous le coup de l'art. 115 LEI, car les ressortissant·e·s de l'UE/AELE sont en partie exclu·e·s du champ d'application de la LEI (art. 2 al. 2 LEI en lien avec l'ALCP).
Voir l'autorisation de séjour B, section 5, pour les détails relatifs à l'obligation d'annonce ALCP et à la pratique cantonale.
13. Sans-papiers et dépassement de séjour Schengen
13.1 Délimitation conceptuelle
Sans-papiers est un terme générique désignant les personnes qui séjournent en Suisse sans titre de séjour valable. Par nature, des chiffres fiables font défaut ; diverses études et estimations partent d'un ordre de grandeur dans le bas de la fourchette à six chiffres. Quiconque veut s'appuyer sur un chiffre concret devrait prêter attention à l'étude sous-jacente et à son année de référence. Une partie de ce groupe est tombée dans l'irrégularité du fait de visas expirés ou de séjours non soumis à autorisation.
13.2 Régularisation pour cas de rigueur — art. 30 al. 1 let. b LEI
Pour les sans-papiers existe, dans des configurations étroitement définies, la possibilité d'une régularisation pour cas de rigueur selon l'art. 30 al. 1 let. b LEI en lien avec l'art. 31 OASA (ordonnance relative à l'admission, au séjour et à l'exercice d'une activité lucrative, SR 142.201). Il s'agit d'une décision d'appréciation des autorités sans droit à la prestation ; les conditions sont élevées :
- séjour de plusieurs années en Suisse,
- intégration prouvée (langue, autonomie économique, relations sociales),
- absence de manquements pénaux graves,
- circonstances personnelles extraordinaires rendant un retour inexigible.
Voir la réglementation des cas de rigueur selon l'art. 30 LEI pour l'exposé complet.
13.3 Risque particulier
Les personnes qui séjournent actuellement comme sans-papiers en Suisse et qui s'interrogent sur une divulgation face aux autorités doivent IMPÉRATIVEMENT consulter un·e avocat·e avant tout contact avec les autorités. Les risques d'une demande pour cas de rigueur échouée (renvoi, interdiction d'entrée) sont considérables.
Services de conseil disposant d'une expertise sans-papiers (sélection) :
- Centres de contact sans-papiers dans divers cantons (notamment Zurich, Genève, Bâle, Berne, Lausanne)
- Solidarité sans frontières
- SOS Asile (Genève)
- D'autres services de conseil cantonaux axés sur les sans-papiers
Les services mentionnés ici constituent une sélection non exhaustive. L'offre, la compétence et la joignabilité changent ; les points de contact actuels sont à demander auprès des services cantonaux officiels et des organisations faîtières.
14. Contacts importants — autorités, conseil, aide d'un·e avocat·e
14.1 Autorités
- Secrétariat d'État aux migrations (SEM) : https://www.sem.admin.ch/
- Services cantonaux des migrations (canton de domicile — liste complète sur le site du SEM)
- Tribunal administratif fédéral (TAF) — pour les recours contre les décisions du SEM
14.2 Avocat·e·s
- Avocat·e·s spécialisé·e·s en droit de la migration : recherche via le registre cantonal des avocats public des chambres cantonales des avocats (inscription au registre cantonal au sens de la loi fédérale sur la libre circulation des avocats, LLCA, SR 935.61) ou via des associations d'avocats spécialisées en droit de la migration.
- Une liste d'avocats à orientation migration, allant au-delà des registres cantonaux et curatée, n'est volontairement pas reproduite ici, afin de ne formuler aucune recommandation d'études d'avocats particulières.
14.3 Services de conseil (gratuits / à bas seuil)
- AsyLex — conseil juridique en ligne gratuit axé sur le droit d'asile et de la migration ; l'étendue exacte du conseil (en particulier la question de savoir si les pures configurations de dépassement de séjour hors lien avec l'asile sont couvertes) est à clarifier directement auprès du service.
- SOS Asile (Genève)
- Caritas Suisse et services cantonaux de Caritas
- HEKS / EPER
- Services de conseil pour sans-papiers (organisés au niveau cantonal)
14.4 Urgence
- Crisis-Card C5 dans l'application SIP (Indications d'urgence relatives au dépassement de séjour Schengen) — renvoi aux contacts d'urgence 24/7 et aux premières mesures.
15. Anti-scope — ce que cet article et SIP n'assurent expressément PAS
Pour les configurations de dépassement de séjour Schengen, SIP précise expressément ce qui suit :
- ❌ Aucune recommandation de dénonciation spontanée : SIP ne recommande pas de se révéler volontairement auprès du SEM ou du service cantonal des migrations. Ce choix procédural a des chances d'issue ouvertes et relève du conseil individuel par un·e avocat·e.
- ❌ Aucune suggestion de safe harbor : il n'existe aucune voie documentée qui, en cas de dépassement de séjour Schengen, conduirait automatiquement ou de façon garantie à l'impunité ou à une issue clémente.
- ❌ Aucune stratégie d'évitement : SIP ne donne aucune indication relative à l'évitement du contact avec les autorités, des contrôles de sortie ou de l'enregistrement dans le SIS II.
- ❌ Aucune stratégie de recours : les décisions stratégiques relatives aux oppositions, recours et voies de droit contre les interdictions d'entrée ou les signalements SIS relèvent de la main d'un·e avocat·e.
- ❌ Aucun conseil de positionnement ou de négociation face aux autorités.
- ❌ Aucune pesée des risques entre différentes voies procédurales.
Ce que SIP assure : un exposé purement juridique et informatif du droit en vigueur, une indication des points de contact pertinents, un renvoi à un conseil qualifié par un·e avocat·e.
16. Renvois croisés
- Crisis-Card C5 : Indications d'urgence relatives au dépassement de séjour Schengen
- Régularisation pour cas de rigueur : Réglementation des cas de rigueur selon l'art. 30 LEI
- Glossaire LEI/OASA : LEI et OASA — glossaire des termes
- Glossaire LAsi / délimitation REAG/GARP : Glossaire de la loi sur l'asile
- Glossaire ALCP/OLCP (ressortissant·e·s de l'UE/AELE) : Accord sur la libre circulation des personnes (ALCP) — glossaire
- Obligation d'annonce autorisation B : Autorisation de séjour B, section 5
- Pratique cantonale : les approfondissements cantonaux relatifs à Genève, Zurich, Berne, Bâle-Ville et Vaud
17. Sources et bases légales
- LEI, SR 142.20 — loi fédérale sur les étrangers et l'intégration ; sont pertinents en particulier l'art. 5 LEI (conditions d'entrée), l'art. 7 LEI (passage de la frontière), l'art. 30 al. 1 let. b LEI (cas de rigueur), l'art. 67 LEI (interdiction d'entrée) et l'art. 115 LEI (sanctions pénales) — https://www.fedlex.admin.ch/eli/cc/2007/758/de
- OASA, SR 142.201 — ordonnance relative à l'admission, au séjour et à l'exercice d'une activité lucrative ; est pertinent en particulier l'art. 31 OASA (cas individuel d'une extrême gravité)
- OLCP, SR 142.203 — ordonnance sur l'introduction de la libre circulation des personnes (exécution de l'ALCP, notamment recherche d'emploi UE/AELE)
- LAsi, SR 142.31 — loi sur l'asile ; est pertinent en particulier l'art. 3 LAsi (qualité de réfugié)
- CP, SR 311.0 — Code pénal suisse ; sont pertinents en particulier l'art. 47 CP (fixation de la peine) ainsi que l'art. 66a CP et l'art. 66abis CP (expulsion pénale)
- LIFD, SR 642.11 — loi fédérale sur l'impôt fédéral direct ; est pertinent (uniquement à des fins de délimitation en droit fiscal) l'art. 175 al. 3 LIFD (dénonciation spontanée non punissable)
- PA, SR 172.021 — loi fédérale sur la procédure administrative (procédure de recours contre les décisions du SEM)
- LLCA, SR 935.61 — loi fédérale sur la libre circulation des avocats (registres cantonaux des avocats)
- ALCP, SR 0.142.112.681 — accord sur la libre circulation des personnes Suisse-UE — https://www.fedlex.admin.ch/eli/cc/2002/243/de
- Code frontières Schengen — règlement (UE) 2016/399
- Règlement SIS — règlement (CE) n° 1987/2006, remplacé par le règlement (UE) 2018/1861
- Code des visas de l'UE — règlement (CE) n° 810/2009
- SEM — directives et manuels (en particulier domaine des visas et des interdictions d'entrée) — https://www.sem.admin.ch/
- Jurisprudence du TAF en droit des migrations (base de données officielle des décisions du Tribunal administratif fédéral ; portail spécialisé) — https://migrationsrecht.iusnet.ch/
18. Actualité et réserve
Statute-in-force at writing : 01.01.2024 (LEI, OASA dans leur teneur en vigueur à la date de rédaction)
Last reviewed : 2026-06-03
Stale threshold : 90 jours — au-delà, un nouvel audit est requis (en particulier en raison du déploiement de l'EES/ETIAS, d'éventuelles adaptations du règlement SIS et de changements de la pratique cantonale).
Dernier rappel — Crisis-Card C5
Toute personne aiguëment concernée par un dépassement de séjour Schengen (encore dans le pays, à la frontière, avant une nouvelle entrée) doit, AVANT TOUT CONTACT AVEC LES AUTORITÉS, consulter un·e avocat·e. Dans cette configuration, SIP ne fournit aucun conseil individualisé ni aucune recommandation de dénonciation spontanée. Les voies procédurales ont des chances d'issue ouvertes et relèvent impérativement du conseil individuel par un·e avocat·e.
