1. Aperçu — le canton de Vaud dans le contexte du droit des migrations

Le canton de Vaud (Canton de Vaud) est le canton le plus peuplé de Suisse romande et figure parmi les quatre cantons les plus peuplés de Suisse. Sa part de personnes de nationalité étrangère est supérieure à la moyenne suisse, mais inférieure au niveau genevois ; dans la comparaison intercantonale, Vaud compte ainsi parmi les cantons dont la part de population migrante est supérieure à la moyenne. Les chiffres actualisés de la population et de la part d'étrangers sont à consulter auprès de l'Office fédéral de la statistique (OFS) et de l'office cantonal de statistique Statistique Vaud (StatVD) ; les valeurs volatiles ne sont délibérément pas chiffrées ici, afin d'éviter des écarts d'actualité.

Par rapport à Genève, la structure migratoire vaudoise est moins marquée par les organisations internationales et davantage par les pôles économiques, de recherche et de formation régionaux : l'École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) et l'Université de Lausanne (UNIL) avec leurs parts considérables d'étudiant·e·s et de chercheur·euse·s étrangers, le secteur de l'hôtellerie et du tourisme autour de Lausanne, de Montreux et de la Riviera, les exploitations viticoles et agricoles du Lavaux et du Chablais, ainsi que le siège de plusieurs fédérations sportives internationales (notamment le Comité international olympique (CIO) à Lausanne, qui, en raison de son statut particulier au sens de la loi sur l'État hôte, engendre en partie des constellations de droit des migrations comparables à celles de Genève).

L'autorité cantonale compétente pour l'ensemble des procédures relatives au droit de séjour est le Service de la population (SPOP).

Autorité compétente : Service de la population (SPOP), canton de Vaud. Site officiel avec adresse actuelle, téléphone, courriel et horaires d'ouverture : vd.ch/spop

Les coordonnées, les horaires d'ouverture des guichets et les compétences des différentes divisions peuvent changer ; seul le site officiel du SPOP fait foi. C'est la raison pour laquelle aucune adresse, aucun numéro de téléphone et aucun horaire concrets ne sont reproduits dans cet approfondissement ; il est renvoyé à la source officielle.

Durée de traitement (point de repère) : selon le type de procédure et l'état du dossier, les procédures auprès du SPOP prennent, par expérience, de l'ordre de plusieurs semaines (parfois environ huit semaines pour les procédures standard, davantage pour les constellations soumises à approbation ou complexes). Seul le SPOP communique des délais de traitement contraignants ; voir la section 7.

1.1 Population migrante vaudoise — structure qualitative

Une approche qualitative de la structure migratoire vaudoise (les chiffres exacts et actualisés sont à consulter auprès de l'OFS et de Statistique Vaud) :

  • Ressortissant·e·s UE/AELE : majorité des étrangers·ères du canton de Vaud — notamment de France (immigration frontalière et urbaine), du Portugal, d'Italie, d'Espagne, d'Allemagne ainsi que d'Europe de l'Est.
  • Ressortissant·e·s d'États tiers : communautés importantes originaires des Balkans (Kosovo, Macédoine du Nord, Serbie), de Turquie ainsi que des États de provenance de l'asile selon la constellation du moment (Érythrée, Afghanistan, Syrie, Ukraine).
  • Autorisations de séjour B : catégorie d'autorisation la plus fréquente en nombre.
  • Autorisations d'établissement C : deuxième catégorie la plus fréquente ; notamment chez les ressortissant·e·s UE/AELE et d'États tiers établis de longue date dans le canton de Vaud.
  • Autorisations de courte durée L : relativement fréquentes dans l'hôtellerie, le travail saisonnier (vendanges) et les mandats de recherche de courte durée à l'EPFL/UNIL.
  • Autorisations frontalières G (frontaliers) : majoritairement de France (département de l'Ain, Haute-Savoie), notamment pour le pôle d'emploi Nyon/Morges/Lausanne ; chiffres inférieurs à ceux de Genève, mais non négligeables.
  • Autorisations F et permis N : constellations de procédure d'asile ; en tant que canton fortement peuplé, Vaud est l'un des cantons d'accueil selon la clé de répartition du Secrétariat d'État aux migrations (SEM) en vertu de la loi sur l'asile (art. 27 LAsi, RS 142.31) et exploite en outre le centre fédéral pour requérants d'asile (CFA) de Vallorbe sur son territoire cantonal.

Les statistiques exactes des autorisations vaudoises sont à consulter auprès de l'OFS ou de l'office cantonal de statistique (Statistique Vaud, StatVD) ; cet approfondissement renonce à reproduire des valeurs chiffrées concrètes qui se périment rapidement.

2. Bases légales — droit fédéral et droit cantonal d'application

2.1 Droit fédéral applicable

En matière de droit des migrations, le canton de Vaud applique — comme tous les cantons — en priorité le droit fédéral : la Loi sur les étrangers et l'intégration (LEI, RS 142.20), l'Ordonnance relative à l'admission, au séjour et à l'exercice d'une activité lucrative (OASA, RS 142.201), l'Accord sur la libre circulation des personnes (ALCP, RS 0.142.112.681) avec les ordonnances afférentes, la Loi sur l'asile (LAsi, RS 142.31) ainsi que la pratique pertinente du SEM. Pour la base juridique, voir le glossaire LEI et OASA, le glossaire ALCP et libre circulation des personnes et le glossaire de la loi sur l'asile.

2.2 Droit cantonal d'application

Au niveau cantonal sont notamment pertinents :

  • LPAv VDLoi vaudoise sur la profession d'avocat (RS 177.11, état 2016 avec révisions ultérieures) : droit cantonal de la profession d'avocat, régit l'inscription au registre des avocats, la surveillance et les procédures disciplinaires. La LPAv est concrétisée par les UBV (Usages du Barreau Vaudois, état avril 2021) — les règles déontologiques du barreau cantonal.
  • Loi vaudoise sur l'aide aux personnes recourant à l'action sociale (LASV) : loi cantonale sur l'aide sociale, pertinente pour l'appréciation, sous l'angle du droit des migrations, du recours à l'aide sociale selon la LEI.
  • Loi sur le droit de cité vaudois (LDCV) : loi cantonale sur le droit de cité, complétée par le Règlement d'application (RDCV).
  • Loi sur la procédure administrative (LPA-VD) : droit cantonal de la procédure administrative.

Les actes cantonaux ayant un lien avec les migrations sont énumérés individuellement ci-dessus. L'état en vigueur du recueil législatif vaudois (Base législative vaudoise, BLV) est à consulter via le portail officiel prestations.vd.ch/pub/blv-publication.

3. Structure du Service de la population (SPOP)

Le SPOP se divise en plusieurs divisions spécialisées sur le plan technique, qui traitent chacune des groupes de personnes et des procédures différents. La connaissance de cette structure est essentielle pour adresser correctement les demandes et les requêtes :

  • Division étrangers — traite les procédures générales de droit des étrangers pour la population résidante permanente (B, C, L) ainsi que les prolongations, les changements de statut et le regroupement familial.
  • Division asile et retour — procédures relatives au droit d'asile et au renvoi (LAsi), préparation et exécution des décisions de renvoi ainsi que coordination avec le CFA de Vallorbe et les autres centres fédéraux pour requérants d'asile de Suisse romande.
  • Division naturalisation — traite les procédures cantonales de naturalisation selon la LDCV et coordonne avec les commissions communales du droit de cité.
  • État civil cantonal — coordonne les questions cantonales d'état civil, en particulier pour les actes d'état civil pertinents en droit des étrangers (mariage, naissance, reconnaissance).

L'organisation interne exacte du SPOP peut changer en cas de réorganisations ; l'état actuel de la structure des divisions est à consulter sur vd.ch/spop.

4. Points de pratique vaudois — ce qui caractérise le canton de Vaud en droit des migrations

4.1 Preuve linguistique — exclusivement le français

Pour la délivrance d'une autorisation de séjour B dans le cadre du regroupement familial en provenance d'un État tiers ainsi que pour la prolongation dans certains cas, la pratique vaudoise exige, conformément aux prescriptions du droit fédéral, une preuve de français au niveau A1 à l'oral selon le Cadre européen commun de référence pour les langues (CECR). Pour la délivrance anticipée de l'autorisation d'établissement C après cinq ans au lieu de dix — réglée dans la Loi sur les étrangers et l'intégration à l'art. 34 al. 4 LEI (RS 142.20) en relation avec l'Ordonnance relative à l'admission, au séjour et à l'exercice d'une activité lucrative, notamment l'art. 60a OASA (RS 142.201) — des compétences linguistiques accrues sont requises selon les prescriptions déterminantes, qui comprennent en règle générale un niveau B1 à l'oral et A1 à l'écrit en français. Les exigences suivent le droit fédéral et la pratique du SEM en vigueur ; leur application au cas particulier relève du pouvoir d'appréciation de l'autorité cantonale et ne fonde aucun droit.

Sont notamment acceptés dans le canton de Vaud :

  • DELF/DALF (Diplôme d'études en langue française / Diplôme approfondi de langue française) des autorités françaises — en tant que diplôme de langue formel aux niveaux du CECR
  • fide-FR (le certificat suisse fide en français) — en tant que preuve linguistique officiellement reconnue
  • TCF / TCF Suisse (Test de connaissance du français) — selon la constellation
  • En outre, les preuves reconnues par le droit fédéral mentionnées à l'art. 77d OASA (RS 142.201)

Important : contrairement aux cantons bilingues (p. ex. Berne, Fribourg, Valais), seul le français est reconnu comme langue nationale aux fins de l'intégration dans le canton de Vaud. Les connaissances d'allemand — même à un niveau élevé — ne remplacent pas la preuve de français. Les niveaux exactement exigés au cas par cas et les preuves reconnues se déterminent selon la pratique vaudoise en vigueur et sont à clarifier auprès du SPOP.

4.2 Convention d'intégration — marque de fabrique de la pratique vaudoise

La Convention d'intégration — ancrée dans le droit fédéral à l'art. 58a LEI (RS 142.20) — est un élément marquant de la pratique migratoire vaudoise. Le canton recourt à cet instrument de manière relativement systématique dans la comparaison intercantonale — plus activement par exemple que le canton de Genève, qui en fait un usage plus retenu. Ce classement est une description de la pratique administrative observée et non une appréciation.

Points de repère de la pratique (description de la pratique observée, sans assurance contraignante) :

  • Application précoce et systématique : Vaud fait partie des cantons qui ont développé la pratique de la convention avant même son ancrage à l'échelle nationale dans la LEI (en vigueur depuis 2019).
  • Recours régulier lors de la délivrance d'autorisations : lors de la délivrance d'une autorisation B à des ressortissant·e·s d'États tiers ayant un faible niveau de langue (en règle générale inférieur à A2), une convention est fréquemment conclue.
  • Engagements de fond : suivi d'un cours de langue jusqu'à un niveau défini (typiquement A2), participation à un cours d'intégration cantonal ou communal (civisme, géographie, connaissances juridiques), au cas par cas d'autres charges.
  • Conséquences en cas de non-respect : le non-respect des engagements convenus peut être pris en compte dans le cadre de l'appréciation de l'intégration et avoir une incidence sur la prochaine décision relative au statut (par exemple prolongation ou charges).

La Convention d'intégration n'est donc pas, dans le canton de Vaud, un instrument théorique, mais une réalité opérationnelle centrale. Pour l'exposé approfondi de la base de droit fédéral et de la pratique générale, voir la convention d'intégration selon l'art. 58a LEI. On y trouve également la section consacrée au cas particulier vaudois.

Anti-Scope : SwissImmigrationPro ne fournit aucune « stratégie d'évitement » d'une Convention d'intégration. Une convention est un instrument cantonal licite ; son application au cas particulier doit être appréciée par l'autorité cantonale, et l'exécution des engagements convenus incombe à la personne concernée. Pour l'accompagnement par un·e avocat·e en cas de litige relatif à la convention, la consultation d'un·e avocat·e inscrit·e au registre cantonal des avocats vaudois est indiquée.

4.3 Cas de rigueur selon l'art. 30 al. 1 let. b LEI

La pratique vaudoise en matière de cas de rigueur est décrite comme plutôt retenue dans la comparaison intercantonale. L'appréciation s'effectue selon l'art. 31 OASA (RS 142.201) — l'Ordonnance relative à l'admission, au séjour et à l'exercice d'une activité lucrative — au cas par cas et selon le pouvoir d'appréciation, sur la base des critères de l'intégration, des relations familiales, de la situation financière, de la durée du séjour, de l'état de santé ainsi que des possibilités de réintégration dans l'État de provenance. Par rapport à Genève (relativement accessible) et aux cantons plus stricts (p. ex. certains cantons de Suisse centrale), Vaud se situe dans une fourchette médiane, avec une tendance plutôt restrictive dans l'interprétation du « cas personnel d'une extrême gravité ».

Anti-Scope : SwissImmigrationPro ne met à disposition aucun conseil stratégique relatif à l'argumentation d'une demande de cas de rigueur. L'administration des preuves et l'interprétation des notions juridiques indéterminées au cas par cas relèvent de la pratique du barreau et sont à traiter par l'intermédiaire du barreau cantonal (Chambre des avocats du canton de Vaud / OAV) (voir section 12).

4.4 Autorisation d'établissement C anticipée — pratique retenue

La délivrance anticipée de l'autorisation d'établissement C après cinq ans au lieu de dix (art. 34 al. 4 LEI, RS 142.20) présuppose une intégration réussie et relève du pouvoir d'appréciation de l'autorité cantonale. Il n'existe aucun droit à la délivrance anticipée. La pratique vaudoise est décrite, selon les points de repère disponibles, comme retenue : le canton applique, dans la comparaison intercantonale, des critères plutôt stricts s'agissant du niveau de langue et de la preuve de l'intégration. Sont réputés facteurs déterminants des compétences linguistiques accrues (en règle générale B1 à l'oral, A1 à l'écrit en français), l'indépendance économique sans recours à l'aide sociale, une situation financière ordonnée, une réputation irréprochable (pas d'inscription pertinente au casier judiciaire) ainsi qu'une participation active à la vie en société. Aucun taux d'autorisation public fiable n'est publié pour cet instrument ; aucune affirmation quantitative n'est donc formulée ici.

4.5 Regroupement familial — interprétation vaudoise

Dans le cadre du regroupement familial en provenance d'États tiers (art. 43 à 47 LEI), le SPOP examine les conditions cumulatives : revenu d'activité suffisant, logement approprié, absence de dépendance à l'aide sociale, langue. Vaud applique les critères du droit fédéral, avec une interprétation modérée dans la comparaison intercantonale des exigences relatives à la taille du logement. La norme CSIAS et la réalité locale du marché du logement (Lausanne, la Riviera, Morges et Nyon sont des marchés du logement à prix élevés) sont prises en compte au cas par cas.

Pour le regroupement d'enfants s'applique la limite d'âge de 12 ans (art. 47 al. 1 LEI, RS 142.20, en relation avec l'art. 73 OASA, RS 142.201) ou le délai de regroupement de cinq ans à compter de la naissance du droit. En cas de demande de regroupement tardive, le SPOP examine s'il existe des « raisons familiales majeures » au sens de l'art. 47 al. 4 LEI. La pratique est casuistique ; la jurisprudence du Tribunal fédéral relative à la rigueur familiale (voir ATF 137 I 284 et la jurisprudence ultérieure) est déterminante.

4.6 Pratique en cas de séparation et de divorce

En cas de séparation ou de divorce d'avec des ressortissant·e·s suisses ou des titulaires d'une autorisation d'établissement C, l'art. 50 LEI (RS 142.20) s'applique. La pratique vaudoise examine soigneusement les conditions : union conjugale de trois ans et intégration réussie (art. 50 al. 1 let. a LEI) ou raisons personnelles majeures (art. 50 al. 1 let. b LEI, notamment la violence domestique). Le centre cantonal d'aide aux victimes du canton de Vaud (LAVI, fondé sur la loi sur l'aide aux victimes [LAVI, RS 312.5]) coordonne le soutien aux victimes de violence domestique avec l'appréciation sous l'angle du droit des étrangers.

5. EPFL, UNIL et pôle de formation — effet en droit des migrations

L'École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) et l'Université de Lausanne (UNIL) engendrent dans le canton de Vaud une dynamique propre en droit des migrations, fréquemment sous-estimée dans le conseil. L'EPFL abrite un nombre exceptionnellement élevé d'étudiant·e·s, de doctorant·e·s, de post-doctorant·e·s et de chercheur·euse·s ressortissant·e·s d'États tiers, dont beaucoup avec des contrats à durée déterminée et, partant, des autorisations à durée déterminée.

5.1 Autorisations de courte durée L pour étudiant·e·s et chercheur·euse·s

La délivrance d'une autorisation de courte durée L pour les étudiant·e·s et chercheur·euse·s étrangers se détermine selon l'art. 27 LEI (formation et formation continue) ou l'art. 30 LEI pour les chercheur·euse·s. Pour les constellations standard, voir l'autorisation de courte durée L et ses sous-catégories dans la section consacrée aux étudiant·e·s. Le SPOP travaille ici en étroite coordination avec les services du personnel et des étudiant·e·s de l'EPFL et de l'UNIL (Bureau des affaires étudiantes, Service du personnel).

5.2 Changement de statut à l'issue des études

Une constellation fréquente dans le canton de Vaud : une ressortissante d'un État tiers a étudié avec succès à l'EPFL ou à l'UNIL et reçoit une offre d'emploi dans une entreprise suisse (start-up tech à Lausanne, pharma en Suisse romande, laboratoire de recherche auprès d'un partenaire de recherche). Le passage du statut d'étudiant·e L au statut lucratif B nécessite l'examen des conditions du marché du travail selon l'art. 21 LEI (priorité aux travailleurs indigènes / UE/AELE pour les ressortissant·e·s d'États tiers ; contingents selon l'art. 20 LEI en relation avec les ordonnances annuelles sur les contingents) ainsi que la décision cantonale préalable suivie de l'approbation du SEM selon l'art. 99 LEI.

Anti-Scope : SIP ne donne aucune indication sur des moments « favorables » pour déposer une demande ni sur des stratégies de contournement de la logique des contingents. Le changement de statut L → B est une procédure réglée par le droit fédéral, assortie de conditions claires.

5.3 Séjour durable après les études — le « délai de recherche de six mois »

Les ressortissant·e·s d'États tiers ayant achevé avec succès leurs études dans une haute école suisse peuvent obtenir, selon l'art. 21 al. 3 LEI (RS 142.20), une prolongation de séjour de six mois pour la recherche d'un emploi. Dans le canton de Vaud, cet instrument est appliqué par le SPOP ; en pratique, il est recommandé de déposer la demande en temps utile, avant l'expiration de l'autorisation de courte durée L liée aux études. Les modalités procédurales exactes sont à clarifier auprès du SPOP.

6. Asile dans le canton de Vaud

6.1 Centre fédéral pour requérants d'asile de Vallorbe

Le centre fédéral pour requérants d'asile (CFA) de Vallorbe, dans le nord du canton de Vaud, est l'un des principaux centres de la région de Suisse romande et relève directement du Secrétariat d'État aux migrations (SEM). Les demandes d'asile sont traitées, dès leur dépôt, en phase 1 de la procédure d'asile accélérée (art. 26b LAsi, RS 142.31, et les dispositions subséquentes), qui se déroule à l'intérieur du centre fédéral. Vallorbe joue un rôle central dans le système d'asile intercantonal, parce qu'il est géographiquement bien situé en Suisse romande et dispose de capacités d'accueil considérables.

6.2 Procédure étendue — attribution cantonale

Lorsqu'une demande d'asile n'est pas tranchée dans le cadre de la phase 1 et qu'elle est transférée en procédure étendue (art. 26d LAsi), l'attribution à un canton s'effectue selon la clé de répartition du SEM. Vaud accueille, en fonction de sa taille démographique, une part substantielle des procédures étendues. Pendant la procédure étendue, la personne requérante d'asile vit dans le canton (souvent dans des hébergements régionaux de l'EVAMÉtablissement vaudois d'accueil des migrants) et y est annoncée auprès des autorités.

6.3 Permanences juridiques en matière d'asile dans le canton de Vaud

Les permanences juridiques actives dans le canton de Vaud, mandatées par le SEM en vertu de la loi sur l'asile (art. 102f LAsi, RS 142.31), ainsi que d'autres points de contact pertinents pour les requérant·e·s d'asile (les adresses, numéros de téléphone et heures de consultation actuels sont à confirmer chaque fois sur le site officiel de l'organisme responsable) :

  • SAJE — Service d'Aide Juridique aux Exilés (porté par l'EPER/HEKS et d'autres organismes responsables) : le point de contact central pour le conseil juridique en matière d'asile et de réfugiés dans le canton de Vaud. Contact via saje-vaud.ch.
  • Centre de droit à l'asile / conseil juridique spécialisé en matière d'asile : conseil complémentaire sur les questions d'asile et de séjour dans l'espace vaudois, souvent sous la responsabilité ou en coopération avec le SAJE.
  • EPER/HEKS Région Vaud : organisme régional du conseil en matière d'asile, intégré à la structure nationale de l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés (OSAR).
  • Caritas Vaud : réseau de conseil financé par l'Église, axé sur le soutien social et juridique.

Une liste complète et actualisée des permanences juridiques mandatées est à consulter auprès de l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés (OSAR).

Pour l'exposé approfondi du droit d'asile, voir le glossaire de la loi sur l'asile.

7. Durée des procédures et délais (SLA) du SPOP

Les durées de procédure auprès du SPOP indiquées ci-après sont des valeurs indicatives non contraignantes et peuvent varier considérablement selon l'état du dossier, l'exhaustivité des pièces remises, la charge de travail de la division et la complexité du cas. Seul le SPOP communique des indications contraignantes et actuelles sur la durée de traitement ; les informations officielles sont à consulter sur vd.ch/spop.

ProcédureValeur indicative de durée
Première demande B (regroupement familial, demande d'activité lucrative)6–12 semaines
Prolongation B4–8 semaines
Demande C (ordinaire après 10 ans ; anticipée après 5 ans)8–14 semaines
Regroupement familial (État tiers)10–18 semaines
Cas de rigueur art. 30 al. 1 let. b LEI10–18 mois
Demande de droit de cité (communale + cantonale + fédérale)18–36 mois (procédure globale)
Procédure de recours Cour de droit administratif et public (CDAP)8–18 mois

Remarque : l'approbation du SEM des décisions cantonales préalables (art. 99 LEI) n'est pas comprise dans les valeurs indicatives ci-dessus et peut nécessiter des semaines voire des mois supplémentaires.

7.1 Facteurs qui influencent la durée de la procédure

Plusieurs facteurs agissent sur la durée effective de la procédure auprès du SPOP et devraient être communiqués dans la gestion des attentes :

  • Exhaustivité du dossier : les demandes incomplètes reçoivent en règle générale une demande de complément qui coûte plusieurs semaines entre chaque étape.
  • Obligation d'approbation du SEM : dans les constellations où le droit fédéral exige une approbation du SEM (art. 85 al. 2 OASA et art. 86 OASA, RS 142.201), la durée totale s'allonge en conséquence.
  • Production de la preuve linguistique : lorsque les certificats de langue (DELF/DALF/fide-FR) ne sont acquis qu'après le dépôt de la demande, la procédure est de fait suspendue jusqu'à leur remise ultérieure.
  • Convention d'intégration : la négociation et la conclusion d'une convention nécessitent une boucle de procédure supplémentaire.
  • Clarifications de sécurité et de casier judiciaire : pour les personnes ayant séjourné dans plusieurs pays ou en cas d'exigence d'un extrait de casier judiciaire d'États tiers, la durée peut s'allonger de plusieurs mois.

7.2 Possibilités d'accélération

Aucune accélération formelle n'est prévue auprès du SPOP. Sont pratiquement efficaces, dans les cas fondés :

  • Demande écrite sur l'état de la procédure après l'écoulement des valeurs indicatives respectives
  • Indication d'une urgence particulière (p. ex. prise de fonction avec délai contractuel, scolarisation des enfants, date de début de semestre académique pour les étudiant·e·s de l'EPFL/UNIL)
  • Recours pour déni de justice ou pour retard injustifié auprès de la Cour de droit administratif et public (CDAP) selon les règles de la LPA-VD, pour autant qu'il existe un retard disproportionné — en dernier recours et avec l'accompagnement d'un·e avocat·e recommandé.

Anti-Scope : SIP ne fournit aucun modèle de lettre d'accélération ni de recours pour retard injustifié. Ceux-ci relèvent de la pratique du barreau.

8. Droit de vote communal dans le canton de Vaud — une œuvre pionnière de Suisse romande

Une particularité vaudoise revêtant de l'importance dans le conseil en matière de migration : avec la révision totale de la Constitution cantonale (Cst-VD, en vigueur depuis 2003), le droit de vote et d'éligibilité communal a été introduit dans le canton de Vaud pour les étrangères et étrangers établis. Sont habilités, selon les dispositions cantonales, les titulaires d'une autorisation d'établissement C qui justifient d'une durée minimale de séjour déterminée en Suisse et dans le canton de Vaud (en règle générale plusieurs années de domicile dans le canton et un séjour préalable plus long en Suisse). Les délais exacts résultent de la Cst-VD et de la loi sur l'exercice des droits politiques (LEDP) et sont à y vérifier.

Cette réglementation comprend :

  • Le droit de vote et d'éligibilité actif lors des élections et des votations communales
  • Le droit d'éligibilité passif (éligibilité) au niveau communal — Vaud va ici plus loin que Genève, qui n'octroie que le droit de vote actif

Le droit de vote cantonal et fédéral demeure réservé à la nationalité suisse.

Les exigences exactes et l'état actuel du droit de vote communal sont à vérifier au regard de la Cst-VD (Constitution du canton de Vaud) et de la LEDP (Loi sur l'exercice des droits politiques) ; certaines communes peuvent concrétiser la pratique.

Des réglementations comparables existent dans les cantons du Jura (le plus étendu — y compris le droit de vote cantonal), de Neuchâtel, de Genève (droit actif uniquement), de Fribourg (sur demande de la commune) et dans la ville de Bâle (de manière restreinte).

9. Statut fiscal et impôt à la source dans le canton de Vaud

La charge fiscale est pertinente dans le contexte migratoire dans la mesure où l'impôt à la source (Impôt à la source) se rattache directement, dans de nombreuses constellations de droit des étrangers, au statut de séjour. Le montant concret de la charge fiscale cantonale et communale dans le canton de Vaud — et la comparaison intercantonale — évolue périodiquement ; les tarifs officiels de l'administration cantonale des impôts font foi. Un classement quantitatif ou évaluatif de la charge fiscale vaudoise n'est délibérément pas opéré ici ; cela relève du conseil fiscal, et non de l'exposé en droit des migrations.

9.1 Impôt à la source sur le revenu de l'activité lucrative

Les travailleurs·euses étrangers sans autorisation d'établissement C — notamment les ressortissant·e·s d'États tiers titulaires d'une autorisation B — sont en règle générale soumis·es à l'impôt à la source sur leur revenu d'activité lucrative. L'impôt à la source sur le revenu de l'activité lucrative est un impôt prélevé par le canton, qui repose sur l'harmonisation opérée par la Loi sur l'harmonisation des impôts directs (LHID, RS 642.14) et sur le droit fiscal cantonal vaudois (Loi sur les impôts directs cantonaux, LI VD) ; la Confédération prélève parallèlement sa part dans le cadre de l'impôt fédéral direct (LIFD, RS 642.11). Il ne doit donc pas être confondu avec l'impôt anticipé de droit fédéral sur les rendements de la fortune mobilière.

Lorsque le revenu brut annuel d'activité lucrative dépasse le seuil de CHF 120 000, une taxation ordinaire ultérieure (TOU) intervient d'office ; ce seuil résulte du droit harmonisé de l'impôt à la source et est à confirmer auprès de l'administration cantonale des impôts. Pour les revenus inférieurs, l'impôt à la source a en règle générale un effet libératoire, une TOU étant possible sur demande. Les tarifs, seuils et délais de demande exacts se déterminent selon le droit cantonal et harmonisé en vigueur.

9.2 Spécificité des frontaliers

Les frontalier·ère·s en provenance de France sont soumis·es à une réglementation particulière de droit conventionnel entre la Suisse et la France relative à l'imposition du revenu d'activité lucrative des frontaliers, selon laquelle une part des recettes fiscales est compensée entre les deux États. Pour les frontalier·ère·s en provenance d'autres États de l'UE s'appliquent les conventions de double imposition respectives. L'aménagement concret — en particulier la question de savoir quel État impose le revenu d'activité lucrative — dépend des circonstances du cas particulier.

Anti-Scope : SwissImmigrationPro n'est pas un conseil fiscal. Pour les questions concrètes relatives à l'impôt à la source, à la TOU ou à l'imposition des frontaliers, l'administration cantonale des impôts (Administration cantonale des impôts, ACI Vaud) ou un conseil fiscal qualifié est compétent. L'adresse, les tarifs et les coordonnées actuels de l'ACI Vaud sont à consulter via le portail cantonal officiel vd.ch.

10. Naturalisation dans le canton de Vaud

10.1 Procédure à trois niveaux

La naturalisation en Suisse suit une procédure à trois niveaux : fédéral (autorisation de la Confédération selon la Loi sur la nationalité suisse [LN, RS 141.0] et l'ordonnance afférente sur la nationalité [OLN, RS 141.01]), cantonal (droit de cité du canton de Vaud selon la Loi sur le droit de cité vaudois, LDCV) et communal (droit de cité de la commune de domicile). Les trois niveaux doivent être autorisés cumulativement. La naturalisation ordinaire présuppose, au niveau fédéral, en particulier les conditions formelles de séjour (art. 9 LN, RS 141.0) et les critères matériels d'intégration (art. 11 LN et art. 12 LN, RS 141.0). Les trois dispositions relèvent de la Loi sur la nationalité suisse elle-même (LN, RS 141.0) ; la concrétisation de certains critères s'opère dans l'ordonnance distincte sur la nationalité (OLN, RS 141.01), voir section 10.2.

10.2 Preuve linguistique — Loi sur la nationalité suisse et ordonnance sur la nationalité

Au niveau fédéral, la Loi sur la nationalité suisse (LN, RS 141.0) exige, à l'art. 12 al. 1 let. c LN (RS 141.0), en tant que critère d'intégration, une compétence linguistique suffisante. Cette exigence est concrétisée non pas dans la loi elle-même, mais dans l'ordonnance distincte sur la nationalité (OLN, RS 141.01) : selon l'art. 6 (RS 141.01) de l'ordonnance sur la nationalité, il faut en règle générale justifier d'un niveau B1 à l'oral et A2 à l'écrit dans une langue nationale (dans le canton de Vaud : exclusivement le français). Sont notamment acceptés comme preuves le certificat fide-FR, le DELF/DALF ainsi que les diplômes mentionnés à l'art. 6 al. 2 (RS 141.01) de la même ordonnance. La loi (LN, RS 141.0) et l'ordonnance (OLN, RS 141.01) sont à cet égard deux actes distincts et ne doivent pas être confondus.

10.3 Audition cantonale — pratique renforcée

Le niveau cantonal de la procédure de naturalisation dans le canton de Vaud prévoit régulièrement une audition cantonale (audition cantonale), menée par la Division naturalisation du SPOP. Cette audition examine l'intégration, la familiarité avec les conditions de vie et juridiques de la Suisse et en particulier du canton de Vaud ainsi que les connaissances de français à l'oral.

L'audition cantonale dans le canton de Vaud est, dans la comparaison intercantonale, aménagée de manière renforcée — elle n'est pas seulement formelle, mais a un poids substantiel dans la procédure. Une performance insuffisante peut conduire à une suspension de la procédure et à une répétition ultérieure.

10.4 Audition communale — pratique variable

Au niveau communal, de nombreuses communes vaudoises mènent leur propre audition communale (audition communale) par l'intermédiaire d'une commission du droit de cité. L'aménagement varie considérablement d'une commune à l'autre : les petites communes rurales tendent vers des auditions plus informelles et plus personnelles, tandis que les centres urbains (Lausanne, Yverdon-les-Bains, Montreux, Vevey, Nyon) mènent des auditions structurées comportant des éléments de questionnaire standardisés.

La pratique communale concrète est à clarifier auprès de la commune de domicile concernée — certaines communes publient leurs règlements de procédure, d'autres non.

10.5 Test de connaissances cantonal

Au niveau cantonal s'applique un Test de connaissances civiques. Celui-ci examine les connaissances de base relatives à l'organisation étatique suisse, cantonale et communale, à l'histoire et à la géographie ainsi qu'au fonctionnement de la démocratie directe. L'aménagement concret du test se détermine selon la LDCV et le règlement d'application afférent (RDCV) dans sa version en vigueur et est à clarifier auprès des sources cantonales.

Pour l'exposé juridique approfondi, voir le glossaire de la loi sur la nationalité 2018.

11. Autorisation frontalière G dans le canton de Vaud

En raison de la proximité de la frontière à l'ouest et au sud-ouest du canton (France), l'autorisation frontalière G a une part pertinente dans le canton de Vaud, quoique moins dominante qu'à Genève ou à Bâle.

11.1 Base légale

L'autorisation frontalière G repose, pour les ressortissant·e·s UE/AELE, sur l'Accord sur la libre circulation des personnes (ALCP, RS 0.142.112.681) et, pour les ressortissant·e·s d'États tiers, sur les dispositions ordinaires de la LEI (art. 35 LEI). Pour les frontalier·ère·s ressortissant·e·s d'États tiers s'applique la condition supplémentaire d'un droit de séjour durable dans l'État voisin ainsi que d'un domicile d'au moins six mois dans la zone frontalière (art. 35 al. 1 LEI).

11.2 Pratique vaudoise

Le SPOP traite les demandes G au sein de la Division étrangers. Les requérant·e·s UE/AELE obtiennent en règle générale une autorisation dans un délai de trois à six semaines, pour autant que toutes les pièces soient complètes. L'autorisation frontalière G est en règle générale délivrée pour la durée du contrat de travail (pour les contrats à durée indéterminée, pour cinq ans, puis prolongation).

12. Le barreau dans le canton de Vaud — Chambre, OAV, surveillance

12.1 LPAv VD et UBV

Le barreau du canton de Vaud est soumis à la LPAv cantonale (Loi vaudoise sur la profession d'avocat, RS 177.11) ainsi qu'à la loi fédérale sur la libre circulation des avocats (LLCA, RS 935.61). Le droit cantonal de la profession d'avocat est concrétisé par les UBV (Usages du Barreau Vaudois), les règles déontologiques du barreau vaudois dans leur version du avril 2021.

12.2 Chambre des avocats du canton de Vaud (surveillance)

La surveillance du barreau vaudois incombe à la Chambre des avocats du canton de Vaud — la chambre cantonale des avocats dotée d'une fonction de surveillance :

  • Fonction : tenue du registre cantonal des avocats, surveillance et procédures disciplinaires selon la LPAv VD et la loi fédérale sur la libre circulation des avocats (LLCA, RS 935.61).
  • Contact : l'adresse et les coordonnées actuelles de la Chambre des avocats sont à consulter via le portail officiel de la justice du canton de Vaud (vd.ch — Tribunal cantonal) ; les coordonnées volatiles ne sont pas reproduites ici.

12.3 OAV — Ordre des avocats vaudois

Il existe par ailleurs l'Ordre des avocats vaudois (OAV) en tant qu'organisation professionnelle privée du barreau vaudois, comparable à l'ODAGE à Genève. L'affiliation à l'OAV n'est pas obligatoire, mais largement répandue en pratique. Le Conseil de l'OAV (comité) édicte des directives déontologiques pour concrétiser les UBV.

12.4 Permanence d'avocats — désignation publicitaire interdite dans le canton de Vaud

Une règle déontologique vaudoise spécifique ayant un effet direct sur la conformité du marketplace de SIP : selon les Usages du Barreau Vaudois (UBV, ch. 10) — les règles déontologiques cantonales, qui ne portent aucun numéro RS fédéral — l'utilisation de la désignation « Permanence d'avocats » comme terme publicitaire est interdite. Cette règle déontologique est particulièrement stricte dans la comparaison intercantonale et se répercute sur le vocabulaire avec lequel les avocat·e·s admis·es dans le canton de Vaud peuvent se présenter et se promouvoir. L'attribution exacte du chiffre et le libellé actuel sont à vérifier dans la version en vigueur des UBV (état avril 2021).

Les différences cantonales de conformité du barreau, avec leur déclinaison spécifique à Vaud, sont exposées dans les sections qui précèdent.

13. Procédure de recours contre les décisions du SPOP

Une décision du SPOP (refus d'une autorisation, révocation, renvoi, etc.) n'est pas définitive. Le droit cantonal de la procédure prévoit une voie de droit à plusieurs niveaux :

13.1 Étape 1 — décision du SPOP et délai de 30 jours

Le SPOP notifie ses décisions formellement en tant que décision au sens de la LPA-VD. Le délai de recours est typiquement de 30 jours à compter de la notification de la décision ; l'indication des voies de droit figurant dans la décision elle-même fait toujours foi. Dans certains types de procédure, une Réclamation directe (reconsidération) auprès du SPOP peut être admissible à la place du recours à la CDAP ou préalablement à celui-ci ; la voie procédurale ouverte dans le cas concret résulte de la LPA-VD et de l'indication des voies de droit de la décision en cause et est à confirmer via le recueil législatif cantonal officiel (BLV) ainsi que vd.ch/spop.

13.2 Étape 2 — recours auprès de la Cour de droit administratif et public (CDAP)

Un recours auprès de la Cour de droit administratif et public (CDAP) du Tribunal cantonal Vaud est admissible contre la décision du SPOP. La CDAP est l'instance cantonale de juridiction administrative et examine les questions de fait et de droit. Le délai de recours est de 30 jours (selon la LPA-VD).

13.3 Étape 3 — recours auprès du Tribunal fédéral

En dernière instance, le recours auprès du Tribunal fédéral à Lausanne est ouvert — dans les cas prévus par la loi sur le Tribunal fédéral (LTF, RS 173.110) (art. 82 (RS 173.110) et les dispositions suivantes de la LTF). En droit des étrangers et de l'asile, le Tribunal fédéral ne peut, dans de nombreuses constellations, être saisi que par la voie du recours constitutionnel subsidiaire ; la recevabilité est à examiner au cas par cas. Pour l'exposé complet de la voie de recours, voir la voie de recours contre les décisions des autorités cantonales de migration.

Anti-Scope : SwissImmigrationPro ne met à disposition aucune stratégie de recours. Le choix de la base juridique correcte, l'argumentation, la sélection des moyens de preuve et le dépôt dans les délais relèvent de la pratique du barreau. Pour la recherche d'une représentation appropriée, voir section 12.

14. Parcours de crise dans le canton de Vaud

Dans les constellations de crise — violence domestique, détresses psychiques, menace d'expulsion à l'encontre de personnes en situation de cas de rigueur — s'applique en principe le parcours de crise valable dans toute la Suisse. Pour le canton de Vaud existent quelques points de contact spécifiques au canton :

  • 144 — Urgence sanitaire / médicale (24 h). En cas de détresse psychique aiguë ou de mise en danger aiguë de soi-même ou d'autrui, le 144 est le numéro à composer immédiatement ; il oriente dans le canton de Vaud vers le service psychiatrique d'urgence compétent.
  • 142 — Ligne nationale violence domestique (24 h, DE/FR/IT). Dans le canton de Vaud, coordonnée avec le centre LAVI du canton de Vaud (fondé sur la loi sur l'aide aux victimes, LAVI, RS 312.5).
  • 143 — La Main tendue (24 h, DE/FR/IT). Ligne francophone directement joignable pour le canton de Vaud.
  • 147 — Pro Juventute (conseil pour enfants et adolescents, 24 h).
  • Maison d'accueil pour femmes du canton de Vaud (Centre MalleyPrairie) — hébergement protégé et conseil pour les femmes et les enfants ayant subi des violences domestiques. Le numéro d'urgence 24 h et l'adresse actuels sont à obtenir via le site officiel du Centre MalleyPrairie ou le portail cantonal vd.ch ; un numéro non confirmé n'est délibérément pas reproduit ici.
  • SAJE / EPER Lausanne — conseil en matière d'asile et de migration (voir section 6.3).
  • Caritas Vaud — conseil social et en matière de migration.

Pour la structure complète de la carte de crise, les orientations de crise valables dans toute la Suisse sont à disposition.

15. SPOP — informations de contact et accessibilité

L'adresse, les numéros de téléphone, les adresses électroniques, les horaires d'ouverture des guichets et la joignabilité téléphonique du SPOP sont volatils et peuvent changer en cas de réorganisations ou de changements de site. Ils ne sont — de manière cohérente avec la section 1 — délibérément pas reproduits dans cet approfondissement. Seul le site officiel du Service de la population fait foi et est à jour.

Autorité compétente : Service de la population (SPOP), canton de Vaud. Site officiel avec adresse actuelle, téléphone, courriel, répartiteur des divisions et horaires d'ouverture : vd.ch/spop

15.1 Siège principal et accès

Le siège principal du SPOP se trouve à Lausanne et est accessible par le réseau de transports publics (lignes de bus TL et de métro). La rue exacte, le numéro, le code postal et l'arrêt de transports publics le plus proche sont à consulter sur vd.ch/spop ou via la recherche d'adresses du portail cantonal.

15.2 Canaux de contact

Le SPOP dispose d'un numéro de téléphone central (centrale) ainsi que d'une adresse électronique générale ; certaines divisions (notamment la Division asile et retour) disposent de leurs propres coordonnées. La liste de contacts actuelle, différenciée par division, est à obtenir sur vd.ch/spop. Les numéros de téléphone ou adresses électroniques non confirmés ne sont pas reproduits ici, afin d'éviter les erreurs d'acheminement.

15.3 Horaires d'ouverture

Le SPOP exploite un service de guichet aux horaires d'ouverture restreints (en règle générale le matin ; l'après-midi souvent uniquement sur rendez-vous) ainsi qu'une joignabilité téléphonique à des heures déterminées. Les horaires de guichet et de téléphone en vigueur changent périodiquement et ne sont contraignants que via vd.ch/spop ; des horaires concrets ne sont donc pas reproduits ici.

15.4 Portail en ligne

Le canton de Vaud propose, via vd.ch/spop, une série de formulaires en ligne et de pages d'information. L'étendue des procédures intégralement réalisables par voie numérique est tendanciellement plus restreinte qu'avec les e-démarches genevoises ; de nombreuses procédures requièrent encore un dépôt de demande par voie postale ou au guichet. L'état actuel des procédures disponibles par voie numérique est à consulter via le portail officiel.

16. Renvois croisés

Cet approfondissement cantonal Vaud se rattache à plusieurs fichiers de framework et thématiques. Renvois croisés recommandés :

17. Anti-Scope — ce que SIP ne fournit pas pour le canton de Vaud

Pour des raisons de déontologie professionnelle (loi fédérale sur la libre circulation des avocats, LLCA), de clarté et de crédibilité à moyen et long terme à l'égard des mandant·e·s et des autorités de surveillance, SwissImmigrationPro tient expressément les thèmes suivants en dehors de son étendue de prestations :

  • Aucune stratégie de canton-shopping : SIP ne formule aucune recommandation sur le point de savoir si une procédure déterminée pourrait être menée de manière « plus avantageuse » dans le canton de Vaud que dans un autre canton. La compétence suit le domicile selon l'art. 23 CC ; un transfert stratégique de domicile motivé par le droit des étrangers peut, dans certaines circonstances, être abusif.
  • Aucune indication d'initié sur le SPOP : SIP ne donne aucune indication sur des collaborateurs·trices particuliers, des moments « favorables » pour déposer une demande ou des pratiques informelles censées procurer un avantage concurrentiel aux mandant·e·s.
  • Aucune stratégie d'évitement de la Convention d'intégration : une Convention d'intégration est un instrument cantonal licite dans le cadre de l'art. 58a LEI. SIP ne fournit aucun conseil stratégique relatif à son évitement. En cas de litige sur le contenu ou l'exécution d'une convention, la représentation par un·e avocat·e est la voie appropriée.
  • Aucune stratégie de recours : le choix des voies de droit, la ligne argumentative et l'administration des preuves relèvent de la pratique du barreau.
  • Aucun conseil fiscal : les questions relatives à l'impôt à la source, à la TOU, à la double imposition internationale et à l'imposition des frontaliers sont à traiter par des conseiller·ère·s fiscaux qualifié·e·s ou par l'ACI Vaud.
  • Aucune stratégie d'argumentation de cas de rigueur : l'appréciation des chances de succès, au cas par cas, d'une demande de cas de rigueur selon l'art. 30 LEI / art. 31 OASA est une prestation juridique réservée au barreau.

17a. Indications pratiques relatives au dépôt de demandes auprès du SPOP

Les indications pratiques suivantes facilitent le dépôt de demandes auprès du SPOP et réduisent les boucles de demandes de complément, sans qu'il s'agisse pour autant d'un conseil stratégique :

  • L'exhaustivité avant la rapidité : une demande complète comportant toutes les annexes requises (copie couleur du passeport, attestation de domicile, certificat de langue DELF/DALF ou fide-FR, extrait de casier judiciaire de l'État de domicile et de tous les États de séjour antérieurs des dix dernières années, justificatifs de revenus, contrat de travail le cas échéant) raccourcit typiquement la durée de traitement de plusieurs semaines.
  • Légalisations et traductions : les actes en langue étrangère sont en règle générale à remettre avec une traduction certifiée conforme en français (dans le canton de Vaud, pas en allemand, contrairement aux cantons bilingues) et, le cas échéant, une apostille selon la Convention de La Haye sur l'apostille. Les exigences varient selon l'État de provenance.
  • Enregistrement du domicile : les déménagements intracantonaux dans le canton de Vaud sont à annoncer dans les 14 jours à la commune de domicile (Contrôle des habitants). En cas de déménagement depuis un autre canton, une annonce d'arrivée dans la commune de domicile vaudoise dans les 14 jours est impérative.
  • Étudiant·e·s de l'EPFL/UNIL : les services universitaires du personnel et des étudiant·e·s de l'EPFL et de l'UNIL coordonnent typiquement le dépôt de la première demande d'autorisation de courte durée L pour étudiant·e·s. En cas de changement de statut (L → B à l'issue des études), un dépôt de demande direct auprès du SPOP est requis, idéalement plusieurs mois avant l'expiration de l'autorisation de courte durée L.
  • Renouvellement du passeport pendant une autorisation en cours : un renouvellement ou une nouvelle délivrance du passeport pendant une autorisation B/C/Ci/L en cours est à annoncer au SPOP pour mention dans le titre de séjour.

Anti-Scope : ces indications ne constituent pas un mode d'emploi de la procédure et ne remplacent pas le conseil spécifique d'avocat·e·s ou de permanences spécialisées. La vérification de l'exhaustivité de chaque demande incombe à la personne requérante.

18. Remarque relative à l'actualité et réserve du reviewer

Les faits volatils — coordonnées, horaires de guichet et de téléphone, statistiques cantonales, état actuel des procédures numériques ainsi que la pratique cantonale de la Convention d'intégration — ne sont pas chiffrés dans cet approfondissement par des valeurs concrètes se périmant rapidement, mais sont garantis par des renvois à la source officielle déterminante respective (SPOP, OFS/Statistique Vaud, BLV). Les points dont l'état actuel est à vérifier concrètement avant la validation — par exemple parce que la pratique cantonale a été adaptée depuis la date de référence (état 01.01.2024), parce que des réorganisations ont eu lieu au sein du SPOP ou parce que des directives internes ont modifié la pratique administrative — sont à examiner par la personne reviewer cantonale compétente dans le cadre du processus de signoff.