De quoi il s’agit — et de quoi il ne s’agit pas
Les ressortissants étrangers en Suisse qui ne sont pas en possession d’un document de voyage valide de leur État d’origine — que ce soit parce qu’ils sont apatrides, parce qu’ils ont perdu la protection de leur État d’origine en tant que réfugiés reconnus, ou parce que leur État d’origine ne délivre pas objectivement de document de voyage ou que son obtention est déraisonnable — peuvent demander auprès des autorités suisses trois types différents de documents de voyage. Le document approprié dépend du statut de séjour et des conditions de l’ordonnance sur les documents de voyage (RS 143.5).
Ce fichier décrit :
- les trois types de documents (titre de voyage pour les réfugiés, passeport pour les ressortissants étrangers, carte d’identité) et leur base juridique,
- les conditions d’éligibilité et de délivrance pour chaque type de document,
- la procédure de demande auprès du SEM,
- les frais et la durée de validité,
- les restrictions (par exemple, l’interdiction de voyager vers le pays d’origine et l’obligation d’obtenir un visa pour les ressortissants des États tiers),
- les conséquences d’un refus et les possibilités de recours.
Ce que ce fichier n’est pas:
- pas de conseil sur le choix du type de document approprié pour une personne donnée,
- aucune indication sur la manière d’obtenir un visa dans un État tiers,
- pas de conseil en matière de stratégie de voyage (en particulier en cas de menace d’exécution d’un renvoi),
- aucune prise de position sur la question de savoir si l’obtention d’un passeport national est « inacceptable » (évaluation au cas par cas par le SEM).
1. Les trois types de documents — qui en bénéficie ?
Type de document A — Titre de voyage pour les réfugiés (passeport de Genève)
Base juridique : art. 28 de la Convention de Genève relative au statut des réfugiés de 1951, lu en relation avec l’art. 59 de la loi sur l’asile (LAsi) et l’art. 3 de l’ordonnance sur la procédure d’asile (RDV).
Conditions pour faire valoir un droit: statut de réfugié reconnu, avec :
- Autorisation de séjour B pour personnes relevant de la loi sur l’asile (art. 60 LAsi), ou
- Autorisation C pour réfugié (art. 60 LAsi après obtention de l’autorisation).
Les personnes bénéficiant d’une admission provisoire F en tant que réfugiés (réfugiés reconnus mais n’ayant pas obtenu l’asile en raison de motifs subjectifs de poursuite ou de clauses de protection) ont, conformément à l’art. 3 de l’ordonnance sur les documents de voyage, également droit au document de voyage pour réfugiés, pour autant que la qualité de réfugié ait été formellement reconnue.
Validité : en règle générale, 5 ans.
Restriction de voyage (obligatoire) : Conformément à l’art. 5 de l’ordonnance sur les voyages et à la Convention de Genève, art. 28, le document de voyage pour les réfugiés n’est pas valable pour les voyages dans l’État de persécution (État d’origine). Un voyage dans l’État d’origine entraîne généralement la perte du statut de réfugié conformément à l’art. 1, ch. 1, de la Convention de Genève ou à l’art. 63 de la loi sur l’asile.
Type de document B — Passeport pour ressortissants étrangers (passeport pour apatrides / passeport de remplacement)
Base juridique: art. 4 de l’ordonnance sur la reconnaissance des diplômes et des titres étrangers ainsi que l’art. 28 de la Convention de New York de 1954 relative au statut des apatrides (pour les apatrides reconnus).
Conditions et critères d’appréciation :
Le passeport pour ressortissants étrangers est délivré aux personnes domiciliées en Suisse qui :
a) sont apatrides au sens de la Convention de New York de 1954 et sont titulaires d’un permis de séjour suisse — droit ;
b) sont considérés comme sans documents d’identité au sens de l’art. 10 OCPM (ils ne sont pas en possession d’un document de voyage valable de leur État d’origine et son obtention n’est pas possible ou n’est pas raisonnable en raison de circonstances objectives) et sont titulaires d’une autorisation de séjour B, C, F (admission provisoire) ou Ci en Suisse — appréciation du SEM.
c) qui ont été admises provisoirement en Suisse (statut F), mais qui ne remplissent pas les conditions pour obtenir le statut de réfugiée — appréciation du SEM.
Absence de documents de voyage (art. 10 OASA) : Une personne est considérée comme ne disposant pas de documents de voyage valables si elle n’est pas en possession d’un document de voyage valide de son État d’origine et si l’on ne peut raisonnablement exiger d’elle qu’elle obtienne un tel document auprès des autorités de son État d’origine (en particulier en raison d’un danger imminent ou d’une impossibilité objective). L’appréciation du caractère déraisonnable relève du SEM et est faite au cas par cas.
Validité: en règle générale, 5 ans, mais peut être plus courte dans des cas justifiés.
Restrictions de voyage : les voyages dans le pays d’origine sont formellement autorisés (pour les titulaires d’un passeport pour étrangers, mais pas pour les personnes bénéficiant de la protection en tant que réfugiées), mais selon le statut de séjour, un voyage dans le pays d’origine peut compromettre le statut de séjour (en particulier pour les personnes bénéficiant d’une protection provisoire F, dont le motif de protection est l’impossibilité de retourner dans leur pays d’origine).
Type de document C — pièce d’identité pour les ressortissants étrangers
Base juridique: art. 13 RDV.
Conditions préalables à la demande :
La carte d’identité est délivrée aux personnes domiciliées en Suisse qui :
a) ne possèdent pas de documents d’identité au sens de l’art. 10 de l’ordonnance sur les documents de voyage, mais ne remplissent pas les conditions requises pour l’obtention d’un passeport pour ressortissants étrangers, par exemple en cas d’identité non définitivement établie ;
b) pour un voyage unique et de courte durée (par exemple, pour des raisons familiales ou professionnelles urgentes), ils doivent être en possession d’un document de voyage.
Validité : en règle générale, de courte durée et limitée à l’objectif précis du voyage.
Obligation de visa: La carte d’identité n’est pas reconnue comme un passeport normal par la plupart des États tiers ; une obligation de visa et une prise de contact préalable avec l’ambassade du pays de destination sont la règle.
2. Procédure de demande — étape par étape
Autorité compétente : le Secrétariat d’État aux migrations (SEM), section des documents de voyage. Les demandes sont généralement déposées en personne auprès d’un service cantonal des passeports ou au siège principal du SEM à Wabern ; les données biométriques (empreintes digitales, image du visage) sont enregistrées sur place.
Schéma de la procédure :
- Prendre rendez-vous auprès du service cantonal des passeports ou via le portail en ligne du SEM.
- Remplir le formulaire de demande (formulaire du SEM intitulé « Demande de délivrance d’un document de voyage pour ressortissants étrangers ») et, le cas échéant, le transmettre par voie électronique.
- Présentation personnelle pour la prise d’empreintes biométriques (empreintes digitales à partir de l’âge de 12 ans ; photo du visage pour tous les requérants).
- Présentation des documents (voir ci-dessous).
- Paiement des frais en avance ou lors de la livraison.
- Délai de traitement: en règle générale, 10 à 15 jours ouvrables après le dépôt complet de la demande; en cas de vérification de l’absence de documents, jusqu’à 8 semaines.
- Remise du document par courrier recommandé ou remise en main propre au bureau des passeports.
Liste de contrôle des documents (générale, variant selon le type de document) :
- titre de séjour valable pour étrangers (B, C, F, Ci, A),
- Acte de naissance ou document d’état civil équivalent,
- Preuve de l’absence de documents d’identité (pour passeport pour personnes étrangères / pièce d’identité) — par exemple, confirmation négative de l’ambassade d’origine indiquant qu’aucun document de voyage n’a été émis ou ne peut être émis ; correspondance avec l’ambassade d’origine ; adresse de l’ambassade en dehors de la Suisse, si le pays d’origine n’a pas d’ambassade en Suisse.
- pour les réfugiés reconnus : décision d’asile du SEM ou preuve équivalente de la qualité de réfugié,
- pour les apatrides: décision de reconnaissance du SEM en vertu de l’art. 31 de la loi sur l’étranger et l’intégration (LEI), en lien avec la convention de New York de 1954, ou indices d’apatridie (documents de naissance et de résidence, preuve de l’absence de nationalité),
- photo biométrique récente (une photo sera prise sur place ; celle que vous apportez servira de photo de rechange).
3. Frais (État au 01.01.2024)
Les frais suivants sont régis par l’art. 17 RDV :
| Type de document | Adultes | Enfants (< 18 ans) |
|---|---|---|
| Document de voyage pour réfugiés (5 ans) | 90 CHF | 50 CHF |
| Passeport pour ressortissants étrangers (5 ans) | 145 CHF | 50 CHF |
| Carte d’identité (valable à court terme) | 90 CHF | 50 CHF |
| Procédure accélérée | + 60 CHF | + 60 CHF |
Les frais sont payables d’avance. En cas de rejet de la demande, les frais ne sont généralement pas remboursés.
4. Restrictions de voyage et obligation de visa — ce que les titulaires doivent savoir.
Liberté de circulation au sein de l’UE/AELE : Les titulaires d’un document de voyage suisse en cours de validité et d’une autorisation de séjour suisse B, C, F ou Ci peuvent se déplacer dans l’espace Schengen sans visa pour des séjours de 90 jours maximum sur une période de 180 jours (code Schengen). Pour les séjours de plus de 90 jours, les dispositions nationales en matière de séjour du pays de destination s’appliquent.
Voyages dans des pays tiers : La plupart des pays tiers exigent un visa, qui doit être demandé à l’avance auprès de la représentation diplomatique compétente. La reconnaissance du document de voyage (en particulier de la carte d’identité) n’est pas garantie dans tous les pays tiers ; il est recommandé de se renseigner au préalable auprès de l’ambassade du pays de destination.
Voyages dans le pays d’origine — STRICT:
- Les réfugiés reconnus (titre de voyage de type A) ne sont pas autorisés à se rendre dans leur pays d'origine; un voyage dans leur pays d'origine entraîne généralement la perte du statut de réfugié (art. 63 LAsi).
- Les personnes titulaires d’un permis F qui bénéficient d’une protection en raison de persécutions devraient préalablement discuter de leur voyage dans leur pays d’origine avec le service cantonal de la population ; à défaut, l’admission provisoire risque d’être révoquée.
- Les titulaires d’un permis B ou C qui ne sont pas des personnes relevant de la loi sur l’asile ne sont soumis à aucune restriction statutaire concernant le droit de séjour et de voyage, mais sont tenus de respecter les règles relatives à l’absence prévues par leur statut de séjour (art. 61 LEI : extinction du permis en cas d’absence de plus de 6 mois sans notification).
5. Refus et recours
Le refus de délivrer un document de voyage est notifié sous la forme d’une décision susceptible de recours du SEM. Les motifs de refus les plus fréquents sont les suivants :
- Absence de documents ne constituant pas une preuve suffisante — la personne requérante n’a pas suffisamment justifié qu’il est impossible ou déraisonnable d’obtenir un document de voyage de son pays d’origine ;
- Identité non définitivement établie — en particulier pour les personnes qui ne possèdent pas d’acte de naissance ou de document équivalent attestant de leur état civil ;
- Préoccupations relatives à la sécurité (rare, dépendant du cas individuel) ;
- Décision de renvoi en instance ou situation migratoire non clarifiée.
Recours: Les décisions du SEM peuvent être contestées par voie de recours auprès du Tribunal administratif fédéral, conformément à l’art. 31 VGG. Le délai de recours est de 30 jours à compter de la notification de la décision (art. 50 VwVG). Il est recommandé de se faire assister par un avocat spécialisé en droit des étrangers/droit d’asile.
6. Perte, vol, détérioration
Toute personne qui perd ou endommage un document de voyage suisse pour ressortissants étrangers doit en informer immédiatement la police (déclaration de perte/vol) et le SEM. La délivrance d’un document de remplacement suit la procédure de demande habituelle, avec une nouvelle collecte des données biométriques. Les pertes répétées dans un court laps de temps peuvent entraîner des investigations plus approfondies.
7. Références croisées et autres sources d’information
Articles complémentaires : Réfugié reconnu en Suisse · Permis N — autorisation de séjour pendant la procédure d’asile · Admission provisoire (permis F) · L’autorisation de séjour B · L’autorisation d’établissement C · Glossaire de la loi sur l’asile (LAsi).
Autorités compétentes :
- SEM, section des documents de voyage: Quellenweg 6, 3003 Bern-Wabern · Téléphone : +41 58 465 11 11 · https://www.sem.admin.ch/sem/de/home/themen/aufenthalt/reisedokumente.html
- Services cantonaux des passeports : service cantonal compétent en matière de migration (adresses disponibles sur le portail du SEM).
Centres de conseil :
- HEKS, service de conseil juridique pour les requérants d’asile (tous les cantons) : https://www.heks.ch
- Caritas Suisse, Service Migration: https://www.caritas.ch
- AsyLex: https://www.asylex.ch
- Schweizerische Flüchtlingshilfe (OSAR/SFH): https://www.fluechtlingshilfe.ch
Ausländervorzug
Der Ausländervorzug ist ein in der Schweiz bestehendes Arbeitsmarktprinzip, das besagt, dass bei der Einstellung von Arbeitnehmern Schweizer Bürger oder Personen mit einer Niederlassungsbewilligung C vor ausländischen Arbeitnehmern bevorzugt werden müssen, wenn diese gleich qualifiziert sind.
Rechtsgrundlage
Die Rechtsgrundlage für den Ausländervorzug ist in Artikel 11 des Ausländer- und Integrationsgesetzes (AIG) bzw. der Verordnung über die Arbeitsbedingungen (VArb) geregelt.
Anwendungsbereich
Der Ausländervorzug gilt für alle Arten von Arbeitsverhältnissen, einschliesslich Teilzeitarbeit und befristeten Arbeitsverträgen. Er findet Anwendung, wenn ein Arbeitgeber eine Stelle besetzen möchte und gleichzeitig einen Schweizer Bürger oder eine Person mit einer Niederlassungsbewilligung C und einen ausländischen Arbeitnehmer in Betracht zieht, die gleich qualifiziert sind.
Ausnahmen
Es gibt einige Ausnahmen vom Ausländervorzug. So dürfen beispielsweise hochqualifizierte Fachkräfte aus dem Ausland eingestellt werden, wenn keine geeigneten Schweizer Bürger oder Personen mit einer Niederlassungsbewilligung C zur Verfügung stehen. Auch bei der Besetzung von Schlüsselpositionen in Unternehmen dürfen ausländische Arbeitnehmer bevorzugt werden, wenn dies im Interesse des Unternehmens liegt.
Kontrolle
Die Einhaltung des Ausländervorzugs wird durch die kantonalen Arbeitsämter kontrolliert. Bei Verstössen können BuSsen verhängt werden.
Kritik
Der Ausländervorzug ist in der Schweiz umstritten. Befürworter argumentieren, dass er dazu beiträgt, die Arbeitsplätze der Schweizer Bevölkerung zu sichern. Kritiker bemängeln, dass er zu einer Diskriminierung ausländischer Arbeitnehmer führt und die internationale Wettbewerbsfähigkeit der Schweizer Wirtschaft beeinträchtigt.
Siehe auch
- Arbeitsmarkt
- Ausländer- und Integrationsgesetz (AIG)
- Verordnung über die Arbeitsbedingungen (VArb)
État des sources : RDV (RS 143.5) au 1er janvier 2024, avec dernière modification en 2023 ; LAsi, RS 142.31, art. 59 ; Convention de Genève de 1951, art. 28 ; Convention de New York de 1954, art. 28 ; pratique du SEM au premier trimestre 2026.
