De quoi il s’agit

Le statut de protection S est une forme de protection temporaire spécifique que le Conseil fédéral a mise en vigueur le 11 mars 2022, par l’activation de l’ordonnance sur la protection, pour les personnes originaires d’Ukraine. La base juridique est l’art. 66 de la loi sur l’asile (LAsi, RS 142.31), en vertu duquel le Conseil fédéral peut activer la protection temporaire en tant que statut collectif en cas d’exode massif. Le statut S n’est pas un statut d’asile au sens strict (art. 3 à 7 de la LAsi) ; il confère immédiatement un droit de séjour sans procédure d’asile individuelle, mais il est limité dans le temps et soumis à la réserve de révocation politique par le Conseil fédéral.

Durée de validité actuelle (état au 04.11.2025)

Par décision du 5 novembre 2025, le Conseil fédéral a prolongé le statut S jusqu’au 4 mars 2027. Cette prolongation s’inscrit dans la pratique de l’UE, qui a également prolongé jusqu’en mars 2027 la protection temporaire accordée en vertu de la directive sur l’afflux massif de personnes.

Modification substantielle à partir de novembre 2025: L’octroi du statut S ne se fait plus automatiquement pour toutes les personnes originaires d’Ukraine. Depuis l’adaptation de novembre, le SEM examine la région d’origine des requérants. Les personnes originaires de régions qui, selon l’évaluation du SEM, ne sont pas directement touchées par la guerre peuvent être exclues du statut S. Les précisions concernant cette pratique figurent dans les directives du SEM, qui sont régulièrement mises à jour dans la référence de cette source.

Portée personnelle

Le statut S se distingue fondamentalement du suivant :

  • ressortissants ukrainiens,
  • leurs membres de famille (conjoints, partenaires enregistrés, enfants mineurs), quelle que soit la nationalité des membres de la famille,
  • Les personnes qui, en Ukraine, bénéficiaient d’un statut de protection reconnu (par exemple, les réfugiés reconnus par l’UNHCR en Ukraine),
  • certains ressortissants de pays tiers qui résident de manière permanente en Ukraine, pour autant que le retour dans leur pays d’origine ne soit pas possible en toute sécurité.

Les personnes qui se trouvaient en Suisse avec une autorisation de séjour B avant le 24 février 2022 et dont l’autorisation est toujours valable ne sont pas soumises au statut S ; elles conservent leur statut actuel.

Droits et obligations du statut S

Droit du séjour

  • Droit de séjour en Suisse pour la durée de validité du statut (actuellement jusqu’au 04.03.2027).
  • Affectation à un canton par le SEM selon la clé de répartition (art. 27 LAsi par analogie).
  • Un changement de canton est possible sur demande, si un motif important existe (liens familiaux, activité professionnelle).

Travail

  • L’exercice d’une activité lucrative est autorisé, sans qu’il soit nécessaire de respecter le délai d’attente de trois mois applicable aux personnes disposant d’un permis N (art. 75 de la LAsi ou disposition spéciale pour le statut S). Condition : l’employeur doit signaler l’exercice de l’activité lucrative au service cantonal compétent de la population.
  • Tant l’activité salariée que l’activité indépendante sont autorisées.
  • Principe de l’égalité de salaire : pas de détérioration des conditions par rapport aux travailleurs nationaux.

Éducation et école

  • Obligation scolaire pour les enfants mineurs conformément au droit cantonal sur l’enseignement primaire — les enfants fréquentent l’école publique ordinaire de leur lieu de résidence.
  • Accès à l’enseignement supérieur : admission à l’université ou à la haute école spécialisée sous réserve du respect des conditions générales ; la reconnaissance des qualifications ukrainiennes est effectuée par swissuniversities ou par la direction cantonale de l’instruction publique.

Soins de santé

  • Obligation d’assurance LAMal dans les trois mois (art. 3 KVG, SR 832.10). Si la personne ne dispose pas des moyens financiers nécessaires, le canton prend en charge les primes au titre de l’aide sociale (aide sociale aux requérants d’asile).
  • Accès aux soins d’urgence dès l’annonce d’arrivée dans le canton.

Regroupement familial

  • Le regroupement familial est facilité pendant le statut de protection S pour le noyau familial (conjoint, partenaire enregistré, enfants mineurs).
  • Déposer une demande auprès du SEM ; le délai de traitement est actuellement d’environ 2 à 4 mois (situation en novembre 2025).

Voyages

  • Libre circulation à l’intérieur de la Suisse.
  • Les voyages dans l’espace Schengen sont possibles avec un permis de séjour S et un passeport.
  • Voyages en Ukraine : autorisés, mais avec des restrictions. Les personnes qui séjournent plus de 15 jours par semestre en Ukraine courent le risque de voir leur statut révoqué (preuve de l’absence de besoin de protection). Les voyages doivent être signalés au SEM au préalable.

Obligations

  • Prise de domicile dans le canton désigné.
  • Annonce d’arrivée auprès de la commune de résidence dans le délai cantonal (en général, 14 jours).
  • Participation à la procédure : signaler les changements d’adresse, se présenter en cas de convocation administrative.
  • Déclaration à la LAMal dans les 3 mois.
  • En cas d’activité professionnelle : cotisations AVS/AI/AP à partir du 1er jour (art. 1a LAA, RS 831.10), assurance-maladie obligatoire à partir d’un revenu annuel de 22 050 fr. (situation en 2024).

Passage du statut S à l’autorisation de séjour B

Par décision du 12 janvier 2024, le Conseil fédéral a facilité la transition du statut S vers une autorisation de séjour B ordinaire. Les conditions sont précisées dans la directive du SEM et comprennent généralement :

  • Activité professionnelle ou revenus propres permettant de subvenir à ses besoins.
  • Connaissances de la langue (en général, niveau A2 à l’oral dans la langue officielle du lieu de résidence),
  • Intégration au sens de l’art. 58a LEI (RS 142.20),
  • absence de dépendance à l’aide sociale,
  • aucune inscription significative au casier judiciaire.

La transition est une possibilité volontaire, et non un effet automatique. Ceux qui conservent le statut S restent soumis au régime S ; ceux qui optent pour la transition se voient délivrer une autorisation de séjour B régulière, assortie des droits qui y sont liés (notamment une durée de validité plus longue, un regroupement familial plus facile et la possibilité de changer d’emploi sans autorisation cantonale).

Attention : Si l’ordonnance sur la protection est abrogée (décision politique du Conseil fédéral), le statut S sera supprimé pour tous ceux qui se trouvent encore sous ce régime à ce moment-là. Ceux qui auront fait la transition vers une autorisation B en temps voulu conserveront cette autorisation, indépendamment de l’abrogation. Cette situation fait l’objet d’une consultation individuelle ; voir le lien ci-dessous.

Ce qui se passe en cas de révocation du statut S (scénario)

Le Conseil fédéral a fixé dans l’ordonnance sur la protection que la suppression du statut S doit se faire avec un délai de transition approprié. Les personnes qui se trouvent dans le statut S au moment de sa suppression reçoivent généralement :

  • Délai pour le retour volontaire en Ukraine (conseil sur le retour via REAG/GARP) ;
  • Possibilité de déposer une demande d’asile ordinaire, si la personne continue de faire valoir qu’elle a besoin d’une protection (art. 18 et ss. LAsi);
  • Possibilité de demander une autorisation B ordinaire si les conditions sont remplies (voir ci-dessus).

La forme précise de la période de transition et des procédures sera décidée sur le plan politique au moment de l’abrogation. SIP mettra à jour ce fichier sans délai (accord de niveau de service de 24 heures en Suisse alémanique) en cas de décision correspondante.

Ce que le SIP ne couvre pas (limites de la portée)

SIP ne conseille pas sur la stratégie d’une demande d’asile ordinaire qui pourrait être déposée en remplacement du statut S après sa révocation. SIP ne fournit pas de prévisions de succès concernant les demandes individuelles de transition du statut S vers le statut B. SIP ne conseille pas sur la question de savoir si un membre spécifique de la famille a droit au regroupement familial, car il s’agit d’une évaluation juridique spécifique à chaque cas et nécessite l’intervention d’un avocat inscrit au registre cantonal des avocats.

Redirection vers les questions individuelles

En cas de questions précises concernant votre situation personnelle :

  • Situations d’urgence liées à l’asile : SOS Asile (24 h/24 et 7 j/7), Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR, www.osar.ch), Caritas cantonale ou HEKS.
  • Accompagnement juridique (transition du statut S au statut B, regroupement familial, scénario de révocation) : Liste de référence SIP avec des avocats et avocates dont les compétences ont été vérifiées par la BFR, et qui parlent la langue du canton de résidence (ukrainien, russe, allemand, français ou italien).
  • Service social, offres de cours, hébergement: service cantonal de coordination en matière d’asile, dont les liens sont disponibles sur le site sem.admin.ch pour chaque canton.
  • Questions administratives (annonce d’arrivée, changement de canton, déclaration de voyage) : service cantonal compétent de la population.

Particularités cantonales

CantonRemarque
ZHVille de Zurich, équipe SAH Ukraine ; Service spécial cantonal du Service de la population pour les demandes de statut S
BEAccompagnement actif par la coordination cantonale des migrations
VDCentre EVAM pour les personnes en demande de protection
GEHospice général pour les demandeurs d’asile et les personnes bénéficiant du statut S ; service spécial en russe/ukrainien
BSAide sociale de la ville de Bâle ; accompagnement par Bühl Suisse
TICentre polyfonctionnel de Riazzino ; conseil en italien pour les familles ukrainiennes

Pour plus de détails sur chaque canton, consultez la fiche cantonale correspondante.

Aperçu des sources

  • LAsi, art. 66-79 (protection temporaire)
  • Ordonnance sur la protection du 11 mars 2022, activation pour les personnes originaires d’Ukraine.
  • Décision du Conseil fédéral du 5 novembre 2025 — Prolongation jusqu’au 4 mars 2027, avec vérification de la région d’origine.
  • SEM, page thématique sur l’Ukraine (mises à jour trimestrielles)
  • Décision de l’UE portant prolongation de la directive sur l’accueil temporaire des personnes déplacées jusqu’en mars 2027

Déclencheurs de mise à jour

Ce fichier est mis à jour sans délai dès que:

  1. Décision du Conseil fédéral concernant le statut S (abrogation, prolongation, adaptation du groupe de personnes concernées, transition du statut S vers le statut B),
  2. Modification des directives du SEM concernant le statut S,
  3. modification importante de la pratique cantonale (par exemple, de nouveaux forfaits d’aide sociale pour les personnes disposant d’un permis S),
  4. Suspension ou reprise importante des admissions en raison d’événements internationaux.

Ausländervorzug

Der Ausländervorzug ist ein in der Schweiz bestehendes Arbeitsmarktprinzip, das besagt, dass bei der Einstellung von Arbeitnehmern Schweizer Bürger oder Personen mit einer Niederlassungsbewilligung C vor ausländischen Arbeitnehmern bevorzugt werden müssen, wenn diese gleich qualifiziert sind.

Rechtsgrundlage

Die Rechtsgrundlage für den Ausländervorzug ist in Artikel 11 des Ausländer- und Integrationsgesetzes (AIG) bzw. der Verordnung über die Arbeitsbedingungen (VArb) geregelt.

Anwendungsbereich

Der Ausländervorzug gilt für alle Arten von Arbeitsverhältnissen, einschliesslich Teilzeitarbeit und befristeten Arbeitsverträgen. Er findet Anwendung, wenn ein Arbeitgeber eine Stelle besetzen möchte und gleichzeitig einen Schweizer Bürger oder eine Person mit einer Niederlassungsbewilligung C und einen ausländischen Arbeitnehmer in Betracht zieht, die gleich qualifiziert sind.

Ausnahmen

Es gibt einige Ausnahmen vom Ausländervorzug. So dürfen beispielsweise hochqualifizierte Fachkräfte aus dem Ausland eingestellt werden, wenn keine geeigneten Schweizer Bürger oder Personen mit einer Niederlassungsbewilligung C zur Verfügung stehen. Auch bei der Besetzung von Schlüsselpositionen in Unternehmen dürfen ausländische Arbeitnehmer bevorzugt werden, wenn dies im Interesse des Unternehmens liegt.

Kontrolle

Die Einhaltung des Ausländervorzugs wird durch die kantonalen Arbeitsämter kontrolliert. Bei Verstössen können BuSsen verhängt werden.

Kritik

Der Ausländervorzug ist in der Schweiz umstritten. Befürworter argumentieren, dass er dazu beiträgt, die Arbeitsplätze der Schweizer Bevölkerung zu sichern. Kritiker bemängeln, dass er zu einer Diskriminierung ausländischer Arbeitnehmer führt und die internationale Wettbewerbsfähigkeit der Schweizer Wirtschaft beeinträchtigt.

Siehe auch

  • Arbeitsmarkt
  • Ausländer- und Integrationsgesetz (AIG)
  • Verordnung über die Arbeitsbedingungen (VArb)